Les principaux sélectionneurs de maïs en Afrique orientale et australe exhortent les gouvernements à accélérer les autorisations pour les nouvelles variétés de cultures nécessaires aux agriculteurs
Nairobi, Kenya (5 octobre 2007)—Une déclaration publiée par le principal réseau d’Afrique orientale et australe des sélectionneurs de maïs, des producteurs de semence de maïs et des spécialistes du développement indique que la lenteur des processus d’autorisation de nouvelles variétés cultivées de façon conventionnelle nuit à la sécurité alimentaire au niveau régional et aux efforts déployés pour éradiquer la pauvreté rurale. Le réseau considère que les pays dotés de processus d’autorisation lents font courir des risques à leurs agriculteurs en leur refusant l’accès à des variétés de maïs plus robustes pouvant résister aux périodes de sécheresse, aux ravageurs et aux maladies des cultures auxquels doivent faire face les petits exploitants en Afrique orientale et australe.
« Mettre à la disposition des agriculteurs de nouvelles variétés améliorées leur permet d’accroître leurs rendements et d’améliorer leurs niveaux de subsistance. Les pays doivent mettre en place des systèmes réglementaires qui permettent de rapidement tester et autoriser une arrivée permanente de nouvelles variétés commerciales », déclare Jane Ininda, fondatrice du Maize Breeders Network (Réseau des sélectionneurs du maïs (MBNet)) et chargée du programme de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) qui finançait la réunion.
Le maïs est la culture de céréale la plus importante en Afrique subsaharienne, et constitue avec le riz et le blé, une des trois cultures les plus importantes au niveau mondial. On estime que 50 pour cent de la population en Afrique subsaharienne dépend du maïs qui est l’aliment de base et une source d’hydrates de carbone, de protéines, de fer, de vitamine B et de minéraux. Mais les paysans ont besoin de variétés plus résistantes à toute une série de maladies (comme l’helminthosporiose et le virus des striures du maïs), aux ravageurs (les foreurs d’épi et les charançons), aux adventices, et de plus en plus aux conditions climatiques imprévisibles. Le parasite striga par exemple, est à l’origine d’une perte de céréales estimée à plus de 7 millions de dollars US par an, ce qui a des conséquences néfastes sur la vie de près de 300 millions d’Africains.
Pour relever ces défis, les sélectionneurs de maïs travaillent avec des groupes locaux de paysans pour identifier les caractéristiques nécessaires – comme la résistance à un virus particulier – et ensuite procéder à une sélection minutieuse pour produire un cultivar possédant les qualités requises. Le processus de sélection en tant que tel peut prendre 6 à 8 ans, et est suivi pendant deux ou trois ans par un processus de tests et d’autorisation par le gouvernement.
« Dans certains cas, les nouvelles variétés ne sont pas mises à la disposition des paysans pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans », dit Ms. Josephine Okot, directrice générale de Victoria Seeds Limited-en Ouganda et membre de MBNet.
Créé en 2003, le Maize Breeders Network réunit des chercheurs pratiquant la sélection de plantes dans les instituts nationaux de recherche et les principales universités d’Afrique australe et orientale.
La dernière réunion qui s’est tenue en août 2007, a rassemblé des représentants du Kenya, du Malawi, du Mozambique, du Rwanda, de Tanzanie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe.
La réunion du MBNet s’inscrivait dans le cadre d’un nouvel effort mené par l’AGRA, pour développer et distribuer des semences adaptées aux environnements locaux en Afrique, et encourager le développement de politiques gouvernementales qui soutiennent ces efforts.
« Vue la nécessité d’inverser rapidement la crise alimentaire en Afrique, les gouvernements devraient envisager d’accélérer la mise sur le marché pour les paysans, de variétés de culture sélectionnées localement et adaptables. Il est réellement nécessaire d’agir rapidement. Les paysans ne peuvent attendre des années pour disposer de bonnes variétés de cultures », a indiqué Akin Adesina, vice président de la politique et des partenariats de l’AGRA, lors de la réunion.
La déclaration du MBNet indique que « le retard dans l’autorisation de nouvelles variétés ralentit la commercialisation et empêche les paysans d’avoir accès à de nouvelles variétés améliorées. Ce problème ne fait qu’accroître l’insécurité alimentaire et la pauvreté dans les familles de petits exploitants. »
La déclaration du Maize Breeders Network appelle les gouvernements à :
- Réfléchir aux moyens d’éliminer les barrières et de réduire la bureaucratie qui accompagne la mise sur le marché de nouvelles variétés de semences sans sacrifier les intérêts légitimes des paysans et des consommateurs ;
- Rationaliser et renforcer le processus de collecte et d’analyse de données par les régulateurs, qui peut ralentir la mise sur le marché d’une variété ; et
- Faciliter une interaction continue entre les agences nationales de réglementation de la région pour accélérer le partage transfrontalier et les tests sur le germplasme du maïs (son matériel génétique).
La déclaration stipule que certains pays ont déjà entamé des réformes à cet effet. Les régulateurs kenyans par exemple, peuvent donner à une variété le statut de « pré-autorisation » au bout d’un an de tests des multiples sites, et accorder l’entière autorisation au bout de deux ans. Le statut de pré-autorisation permet aux sociétés semencières et aux chercheurs d’investir en toute sécurité dans la production massive de semences (la multiplication de semences de qualité à planter), les tests DUS (distinction, uniformité et stabilité), et d’autres préparations pour la commercialisation.
En outre, le Kenya Agricultural Research Institute (KARI) a noué des relations de travail avec des sociétés semencières, des agences de réglementation, des paysans et des associations internationales de sélectionneurs de plantes. Grâce à ce travail et aux approches innovantes du gouvernement pour la mise sur le marché de nouvelles variétés, 26 nouvelles variétés de maïs ont été autorisées au cours des cinq dernières années, pour l’ensemble desquelles une licence a été accordée à des sociétés semencières privées.
Adesina a indiqué qu’un système efficace d’autorisation gouvernementale sera encore plus important pour les paysans qui se battent pour faire face aux effets du changement climatique, notamment aux incidences plus grandes de la sécheresse et des inondations prévues sur de vastes régions à travers le continent.
« Les exploitants auront besoin de la bonne variété au bon endroit et pour les bonnes conditions. Ils en auront besoin rapidement pour avoir la possibilité de s’adapter au changement climatique. C’est maintenant que l’action politique doit accélérer les tests sur les variétés et la mise sur le marché, car les sélectionneurs sont déjà en train de développer des cultures pour faire face aux changements climatiques tels que l’épisode de sécheresse qui se profile à l’horizon », a ajouté Adesina.
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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)
AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent africain pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité et les revenus des petites exploitations tout en protégeant l’environnement. L’AGRA défend des politiques qui renforcent son œuvre dans tous les aspects importants de la « chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi qu’aux marchés, à l’enseignement agricole.
L’AGRA a pour président l’ancien Secrétaire général des Nations unies, Kofi Anan. L’AGRA, grâce au soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates dispose de bureaux à Nairobi au Kenya, et à Accra au Ghana.
Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.