À l’heure de la rentrée scolaire, un partenariat africain unique annonce le lancement d’un programme de doctorat innovant pour l’amélioration des cultures en Afrique
Le Centre d’Afrique de l’ouest pour l’amélioration des cultures (WACCI) a ouvert les inscriptions pour janvier 2009. La date limite est fixée au 1er août 2008. Les dossiers d'inscription peuvent être téléchargés. [Download Application Here]
Capitaliser l’approche révolutionnaire pilotée en Afrique du Sud Un effort considéré essentiel pour apporter une aide à long terme à la sécurité alimentaire en Afrique
Accra, Ghana et Nairobi, Kenya (19 septembre 2007) — L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a annoncé aujourd’hui un partenariat conclu avec l’Université du Ghana à Legon, pour le lancement du West Africa Centre for Crop Improvement (centre d’Afrique de l’Ouest pour l’amélioration des cultures) (WACCI), afin de former la future génération d’agronomes. L’ AGRA renforcera également un programme piloté par l’Université du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, l’African Centre for Crop Improvement (Centre africain pour l’amélioration des cultures, ACCI). Ces deux programmes formeront dans les dix prochaines années environ120 phytogénéticiens détenteurs d’un doctorat (PhD), créant ainsi la masse critique de phytogénéticiens indispensables pour mettre fin à la crise alimentaire en Afrique.
« Ces programmes viendront combler un déficit majeur au niveau des capacités scientifiques africaines, formant des phytogénéticiens dans les universités africaines, afin d’améliorer et d'adapter les cultures indigènes et orphelines nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires de l’Afrique » déclare Joseph DeVries, directeur du Programme 'Seed Systems' pour l’Afrique de l’AGRA.
Avec plus de 200 millions de personnes souffrant de malnutrition et de la faim, la région a désespérément besoin de phytogénéticiens pouvant développer des variétés de cultures africaines à haut rendement, rustiques et nutritives, adaptées à l’ensemble des conditions et contraintes auxquelles sont confrontés les petits exploitants en Afrique. Ces variétés sont essentielles pour permettre aux exploitants d’améliorer leurs rendements et leurs revenus et de s’affranchir de la pauvreté.
La subvention accordée à l’Université du Ghana à Legon se monte à 4,9 millions de dollars US, et celle accordée à l’Université de KwaZulu-Natal à 8,1 millions de dollars US. Le programme de Legon accueillera des étudiants d’Afrique Occidentale et Centrale, et la première classe ouvrira en janvier 2008. Le programme sud-africain accueillera des étudiants d’Afrique Orientale et Australe. Ces deux subventions permettront d’accroître fortement les capacités scientifiques agricoles de leurs institutions respectives.
Les programmes WACCI et ACCI donnent une nouvelle orientation à l’enseignement supérieur agricole en Afrique. Jusque-là, la majorité des formations doctorantes de phytogénéticiens se déroulait en Europe ou aux Etats- Unis. Cette formation portait essentiellement sur des cultures sans rapport avec l’agriculture en Afrique.
« Au cours de sa formation en Europe, un étudiant en doctorat peut faire de la recherche sur de précieuses séquences d’ADN du blé. De retour dans son pays qui ne produit pas de blé et ne dispose pas de laboratoires de recherche d'ADN, un chercheur africain ne sera pas équipé pour relever le défi de développer des cultures alimentaires locales », déclare le Professeur Eric Danquah, directeur du WACCI à l’Université du Ghana à Legon.
Les chercheurs et les éducateurs des pays développés accordent peu d'importance à la majorité des cultures importantes pour l’Afrique, dites 'cultures orphelines', comme le manioc, le sorgho, le mil, la banane plantain, et le niébé. De ce fait, les sélectionneurs manquent cruellement pour ces cultures. Par exemple, l’ensemble de l’Afrique compte moins d’une douzaine de sélectionneurs de mil. Et cependant, des millions de personnes en Afrique subsaharienne dépendent du mil qui constitue la base de leur alimentation. Inversement, une grande partie des 35 milliards de dollars US investis par les sociétés privées dans la recherche agricole se concentre en Amérique du Nord et en Europe, pour une poignée de cultures commercialement importantes.
Les nouveaux programmes de l’université africaine assureront l'adéquation avec les besoins alimentaires de l’Afrique en accueillant des étudiants qui travaillent déjà comme chercheurs dans les institutions nationales de recherche en Afrique et qui retourneront dans ces institutions après avoir obtenu leur doctorat. En outre, en formant les étudiants en Afrique plutôt que de leur demander de quitter le continent, les programmes permettront de contenir « la fuite des cerveaux » des chercheurs africains en agriculture, car un nombre important d’Africains formés aux Etats-Unis et en Europe restent dans les pays où ils ont été formés.
Les deux programmes renforceront les capacités scientifiques des institutions africaines en Afrique. Le WACCI offrira une bourse de doctorat pour deux années de cours et trois années de recherche sur le terrain. Les programmes actuels d’agronomie en Afrique sont uniquement axés sur la recherche, sans les cours à proprement parler, qui sont une composante importante offerte par les États-Unis et l’Europe.
Les cours de première année porteront sur la phytogénétique, l’amélioration des cultures, la biométrie, la génétique quantitative, la génétique moléculaire et la biotechnologie en phytogénétique, les interactions microbiennes des plantes et, la lutte contre les maladies et la physiologie du stress des plantes.
Pour aider à actualiser et à renforcer le programme, l’Université Cornell à New York a également rallié le partenariat, et recevra une subvention de 1,7 million de dollars US pour offrir des services et des ressources. Parmi lesquels, l’élaboration de programmes, l’évaluation des capacités de recherche et l’examen des propositions de mémoire. Cornell offrira également des possibilités d’apprentissage à distance et aidera à concevoir une infrastructure pour la technologie de l’information. Et la bibliothèque Mann de l'université permettra aux étudiants du WACCI et de l’ACCI d’avoir accès aux services et ressources d'une bibliothèque de niveau international.
Capitaliser le succès
Le WACCI capitalisera le succès de l’ACCI. Le programme a démarré en 2000 comme simple concept, sans personnel, ni élèves ni bureaux, et a délivré ses premiers diplômes de doctorat en phytogénétique au printemps dernier. Actuellement, il forme huit nouveaux étudiants en doctorat de phytogénétique par an, et compte 46 étudiants inscrits qui s’intéressent à 13 cultures. Les élèves et leurs encadreurs locaux forment déjà un réseau de facto de phytogénéticiens.
« Nous formons des experts en phytogénétique appliquée possédant un large éventail de compétences, pour qu’ils puissent sélectionner de meilleurs variétés de cultures, aussi difficile que soit leur environnement local, » dit le Professeur Mark Laing, directeur de l’université ACCI au KwaZulu-Natal. « En axant les thèses de recherche de doctorat de nos étudiants sur les cultures locales, dans les environnements locaux, le programme utilisera l’apport de la phytogénétique appliquée aux cultures africaines, afin de trouver des solutions efficaces aux problèmes de longue date auxquels les exploitants africains sont confrontés. »
Le programme qui rassemble des étudiants de 13 pays, a déjà eu un impact national positif sur l’agronomie au Kenya, au Malawi et en Ouganda, indique DeVries. Un étudiant en doctorat a montré qu’il ne faut pas plus de trois ans pour développer des variétés supérieures de manioc résistantes à un virus agressif. DeVries indique qu’il fallait autrefois six à huit ans aux phytogénéticiens pour réaliser les mêmes progrès.
Et enfin, l’AGRA prévoit des stations de phyogénétique dans chaque zone biogéographique importante sur le plan agricole, qui seront dotées de phytogénéticiens compétents, expérimentés, travaillant sur des cultures importantes localement pour répondre aux besoins locaux.
A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique
Menée par des Africains, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’Alliance proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité et les revenus des petites exploitations tout en protégeant l’environnement et la biodiversité. Pour réaliser cet objectif, les partenariats de l’Alliance s’intéressent aux aspects importants de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi qu’aux marchés, à l’enseignement et à la politique agricoles.
Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président de l’AGRA.
Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.
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