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Alliance for a Green Revolution in Africa

Kofi Annan Rencontre Fermiers et Scientifiques Ghanéens

De nouveaux investissements dans l’agriculture sont nécessaires pour répondre à la crise alimentaire Mais ces investissements doivent produire des résultats, souligne Kofi Annan

Accra, Ghana (1er août 2008) — Kofi A. Annan, Président du Conseil de l’Alliance pour une Révolution Verte (AGRA) terminer aujourd’hui trois jours de rencontres et de visites sur le terrain avec des fermiers, des agronomes et d’autres partenaires essentiels du Ghana, son pays natal. L’ancien Secrétaire Général des Nations Unies a pu ainsi être le témoin direct de certains des défis auxquels les fermiers des régions avaient à faire face mais également des progrès qui ont été réalisés pour améliorer la production des petits fermiers d’Afrique de l’Ouest.

La production alimentaire par habitant est en chute depuis des décennies en Afrique et la productivité agricole y atteint le quart de ce qui s’observe en moyenne dans le monde. Le Ghana, dont la population atteint 21 millions d’habitants, est l’un des premiers pays d’Afrique subsaharienne à avoir atteint et même dépassé les objectifs du Sommet Mondial de l’Alimentation de 1996 qui visaient à réduire de moitié le nombre de personnes sous-nutries d’ici 2015. Cependant, la crise alimentaire mondiale actuelle et le coût croissant des engrais et de l’essence inquiète Kofi Annan. L’augmentation des prix, exacerbée par les inondations et la sécheresse, sont un nouveau défi pour les fermiers du Ghana et dans toute l’Afrique de l’Ouest

« Les coûts élevés de la nourriture ont permis à tous de prendre conscience du fait que l’agriculture a été ignorée par les gouvernements et les donateurs depuis bien trop longtemps » explique Kofi Annan. « Il est bon de voir que que cette tendance s’inverse mais ces nouveaux investissements doivent produire des résultats. Nous encourageons tout le monde à travailler en partenariat et à être le plus créatif possible pour trouver des solutions ».

L’AGRA est une organisation fondée sur le partenariat qui s’efforce d’aider les millions de petits fermiers de toute l’Afrique à améliorer rapidement et durablement leur productivité pour les sortir de la pauvreté. Plus de 200 millions de personnes sont affamées de façon chronique en Afrique et 33 millions d’enfants de moins de cinq ans sont malnutris. Avec des bureaux à Nairobi et à Accra, l’AGRA défend des politiques qui soutiennent son travail sur tous les aspects essentiels de la chaîne de valeur de l’agriculture africaine — depuis les semences, la santé des sols et l’eau jusqu’à la commercialisation, l’enseignement agricole.

Annan indique que l’Afrique de l’Ouest est extrêmement dépendante des importations de nourriture. « Nous mangeons ce que nous ne produisons pas et nous produisons ce que nous ne mangeons pas » appuie-t-il.

Kofi Annan a visité 3 sites au Ghana, chacun mettant en évidence des partenariats innovants qui pourraient détenir la clé capable de déverrouiller le potentiel de l’agriculture africaine en créant des liens entre les petits fermiers et les marchés locaux et régionaux pour écouler leur production ainsi qu’en formant des scientifiques africains à l’agronomie. Certains projets ont déjà commencé à avoir un impact et l’AGRA pense qu’accélérer et accroître les efforts actuels ainsi que financer de nouveaux projets, sont des éléments critiques pour rapprocher l’Afrique de l’auto-suffisance et de la sécurité alimentaire.

A Nsawam, Monsieur Annan a rencontré des membres de l’Association de Cultivateurs de Légumes Afumkrom, une organisation agricole de 28 membres crée en 2005. Ses membres cultivent des oignons, des okras, des poivrons, des aubergines ainsi que du maïs et du manioc sur des exploitations de 1 à 2 acres (4000 à 8000 m2).

Lors d’une visite sur le terrain, plusieurs membres de l’organisation ont indiqué à Kofi Annan que le manque d’accès au crédit et le peu de disponibilité de l’eau sont des éléments limitants majeurs pour la production de leurs fermes et pour leurs revenus.

L’un des membres de l’association, Mary Kabijie, cultive des oignons sur 1 acre de terrain à la sortie de Nsawam. En ajoutant de l’engrais, fumier de poules et engrais chimique, lorsque son sol s’appauvrit, elle est capable de récolter et de vendre 10 sacs d’oignons, vendus à un prix de gros de 60 cedis (57 dollars) pendant la saison de récolte. Les sacs se vendent un peu plus cher durant la « saison maigre » en novembre.

A Accra, Kofi Annan a rencontré un groupe d’étudiants en doctorat qui font partie d’un programme ambitieux financé par l’AGRA et dont l’objectif est de former 40 agronomes à l’Université du Ghana à Legon au cours des 5 prochaines années. Lancé en mars 2008, le programme permet aux étudiants du Centre Ouest Africain pour l’Amélioration des Cultures (WACCI) de l’Université de travailler à l’amélioration et à l’adaptation de cultures locales comme le niébé, le millet, le manioc ou d’autres cultures alimentaires de base comme le riz et le maïs.

Dans le passé, la plupart des agronomes africains étaient formés dans des universités d’Europe ou des Etats-Unis, sur des cultures qui ne sont pas importantes – et ne sont parfois même pas cultivées – en Afrique. Ce programme passe par une nouvelle approche.

« Nous établissons le creuset du développement agricole en Afrique de l’Ouest » explique Joe DeVries, Directeur du Programme pour des Systèmes de Semences de l’AGRA. « Ce programme, qui a débuté dans un bâtiment qui était presque abandonné il y a tout juste un an, est un “investissement d’ancrage” pour l’AGRA. Il se focalise sur le développement des capacités humaines en sciences africaines afin d’obtenir des résultats à long terme pour les fermiers de la région »

L’AGRA espère que les scientifiques formés au WACCI et dans le cadre du programme conjoint d’Afrique du Sud seront capables de développer et lancer plus de 1000 variétés améliorées de cultures africaines alimentaires de base au cours des 10 années à venir.

L’agriculture est l’épine dorsale de l’économie du Ghana où elle représente environ 40% du produit intérieur brut, emploie 60 à 70% de la population active et contribue largement à la balance extérieure du pays. Cependant le taux de pauvreté en zone rurale est supérieur à 40% et de nombreux fermiers sont à peine capable de cultiver assez d’aliments à cause des sols dégradés ou appauvris, d’un accès limité à l’eau et de l’usage réduit de variétés améliorés de cultures.

En plus de son travail au WACCI, l’AGRA finance trois spécialistes en développement de cultures de l’Institut de Recherche en Agronomie de Kumasi, qui développent des variétés à rendement plus élevé et adaptées aux conditions locales de maïs, niébé et manioc. L’AGRA a également récemment lancé un nouveau programme de développement de l’agro-commerce, dont le but est d’augmenter le nombre de gérants de boutiques agricoles bien formés au Ghana.

Un des aspects sur lequel Kofi Annan a insisté est la question du soutien financier et des mesures d’assurance innovantes pour les fermiers africains, dont la plupart sont des femmes.

« Les femmes sont l’épine dorsale de l’agriculture en Afrique. Elles prennent le risque le plus important en agriculture, sans aucun soutien financier, sans assurance et sans aucun soutien du gouvernement. Elles ne peuvent pas tout faire elles-mêmes ».

« Dans les années 60 et 70, l’Afrique exportait des aliments. Nous pourrions retrouver cette situation. Il y a beaucoup de défis à remporter mais nous pouvons y arriver » a-t-il ajouté.

Kofi Annan a également rendu visite aux représentants locaux de la Corporation pour le Défi du Millénaire (MCC), une organisation du gouvernement des Etats-Unis et de l’Autorité pour le Développement du Millénaire (MiDA) du gouvernement ghanéen. L’AGRA a joint ses forces à celles des deux organisations en juin afin de promouvoir le dialogue dans le secteur semencier du Ghana et d’atteindre un consensus sur une meilleure distribution ainsi que l’utilisation de meilleures technologies et semences dans les champs des fermiers.

Lors d’une réunion à Accra, l’AGRA et la MiDA ont tenu des discussions sur les moyens de construire un secteur semencier compétitif et actif au Ghana. L’AGRA tient à créer des liens forts entre les acteurs publics et privés de la chaîne de production de semences.

L’AGRA et la MiDA développent également des plans pour coordonner la multiplication et la distribution des semences ( maÏs, sorgho, millet, niébé et soja), le développement de l’agro-commerce et l’intervention pour le financement rural dans les districts ciblés par la MiDA.

« Nous avons besoins de solutions immédiates pour la crise actuelle mais nous devons agir dans un contexte d’effort concerté sur le long terme afin de transformer l’agriculture de petite échelle et apporter la sécurité alimentaire aux plus vulnérables. L’Afrique a besoin d’une Révolution Verte » explique Kofi Annan.

A propos de l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique

L’AGRA est un partenariat dynamique travaillant à travers tout le continent africain pour aider des millions de petits fermiers et leurs familles à s’extraire eux-mêmes de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’Alliance développent des solutions pratiques pour véritablement augmenter la productivité et les revenus des fermes tout en protégeant l’environnement. L’AGRA défend des politiques qui soutiennent son travail sur tous les aspects essentiels de la chaîne de valeur de l’agriculture africaine — depuis les semences, la santé des sols et l’eau jusqu’à la commercialisation, l’enseignement agricole.

Le Conseil de l’AGRA est présidé par Kofi A. Annan, ancien Secrétaire Général des Nations Unies. Le Président de l’AGRA est le Dr A. Namanga Ngongi, ancien Directeur Général Adjoint du Programme Mondial pour l’Alimentation des Nations Unies. L’AGRA travaille avec le soutien de la Fondation Rockefeller, de la Fondation Bill et Melinda Gates, du Département pour le Développement International (DFID) du Royaume Uni et d’autres donateurs. L’AGRA possède des bureaux à Nairobi, au Kenya, ainsi qu’à Accra, au Ghana.
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