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Alliance for a Green Revolution in Africa

Les principaux dirigeants africains se penchent sur les politiques nécessaires pour en finir avec la faim et instaurer la sécurité alimentaire

La réunion organisée par l’AGRA est consacrée aux politiques pour une révolution verte en Afrique

Nairobi, Kenya, le 27 juin 2008 – A l’heure où le monde lutte contre la crise alimentaire, les principaux dirigeants d’Afrique se lancent dans l’élaboration de politiques appropriées pour réaliser une révolution verte qui permettra de rapidement améliorer la productivité agricole des petits exploitants en Afrique. Plus de 90 grands responsables politiques et dirigeants du secteur privé, du monde universitaire, de la société civile et des organisations paysannes se sont réunis au début de cette semaine pour réfléchir aux politiques prioritaires et aux institutions nécessaires pour réussir une révolution verte africaine.

Des représentants de 15 pays africains, de pays européens, des Etats Unis et d’Asie ont participé à une réunion de deux jours organisée par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), un partenariat axé sur l’amélioration de la vie et des moyens de subsistance des petits exploitants africains.

«Notre objectif est de mettre un terme à la crise alimentaire permanente en Afrique et de le faire en mobilisant la volonté politique et en aidant les pays à élaborer des politiques qui permettront aux petits exploitants africains d’assurer une croissance exponentielle de leurs cultures alimentaires et de s’affranchir de la faim », a déclaré le Dr. Namanga A. Ngongi, Président de l ’AGRA. « La vision, la passion, et les orientations stratégiques que nous partageons ici permettront de guider l’élaboration de ces politiques importantes ».

Soulignant la nécessité d’un agenda d’action politique pour l’Afrique, l’Honorable William Ruto, Ministre de l’Agriculture du Kenya et président du Conseil africain des ministres de l’agriculture a déclaré : « La crise alimentaire mondiale actuelle a servi à rappeler aux décideurs qu’il était nécessaire de réorienter leur processus de planification pour proposer des solutions viables et durables… [pour] une révolution verte qui augmentera considérablement la productivité agricole et permettra à la grande majorité de nos populations de s’affranchir de la pauvreté ».

La réunion a examiné les politiques dans quatre domaines importants : le marché des semences et des engrais; la finance et la gestion des risques; les marchés des produits, les réserves stratégiques de céréales et le commerce régional ; la propriété foncière et d’autres questions sociales. Elle s’est également penchée sur la manière de renforcer les capacités des analystes africains des politiques et les institutions qui appuieront un développement fondé sur des données probantes.

«Le centre du débat sur les politiques relatives à l’agriculture africaine doit se décaler de Washington vers l’Afrique ; et les pays africains, les décideurs et les parties prenantes doivent montrer la voie », dit le Dr. Akin Adesina, Vice Président de la Politique et des partenariats de l’AGRA. «En renforçant les capacités africaines d’élaboration de politiques et en travaillant pour le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, nous établissons les bases de bonnes politiques fondées sur des données probantes qui se transformeront rapidement en mesures incitatives pour les petits exploitants, en grande majorité des femmes, qui travaillent sur des parcelles de moins d’un hectare ».

« Le renforcement des capacités pour l’élaboration de politiques appropriées pour la révolution verte se doit d’être holistique, de prendre en considération l’ensemble de la chaîne de valeur, et d’adopter une vue à long terme » a indiqué le Dr. Harris Mule, recteur de l’université Kenyatta au Kenya, qui co-présidait également la réunion.

Les participants ont recommandé une série de réponses politiques possibles pour réaliser une révolution verte africaine, notant qu’une réponse unique ne peut tout résoudre, et insistant sur la nécessité de tenir compte de la diversité des pays africains et des systèmes agricoles.

Les politiques recommandées englobaient :

Des politiques qui profitent essentiellement et à dessein aux petits exploitants ;

Des politiques qui soutiennent le développement du marché, notamment à travers la multiplication rapide de réseaux de magasins d’intrants ruraux connus sous le nom « d’agro-commerçants » qui peuvent acheminer des semences, des engrais et d’autres intrants agricoles vers les régions rurales éloignées ;

Des politiques qui améliorent l’accès des exploitants agricoles et des agro-commerçants au crédit et à des prêts abordables ;

Des politiques qui lorsqu’elles sont appropriées, encouragent des subventions « intelligentes » qui permettent aux petits exploitants pauvres d’avoir accès à des semences et à des engrais de qualité ainsi qu’à d’autres engrais agricoles ;

Des politiques qui assurent que les gouvernements investissent dans des biens publics comme les routes rurales, l’irrigation, l’électricité, la recherche agricole et les services de vulgarisation améliorés ;

Des politiques foncières qui garantissent les droits des petits exploitants, notamment des femmes qui ont en général des droits plus limités en matière de propriété foncière ;

Des politiques qui stabilisent les prix des denrées alimentaires pour les exploitants agricoles et les consommateurs ;

Des politiques d’atténuation des risques, comme l’assurance récolte indexée sur le temps -- particulièrement importante étant donné les impacts négatifs annoncés du changement climatique sur l’agriculture africaine.

Les participants ont également recommandé que les pays africains et les régions créent des centres d'excellence pour la politique qui permettront d’améliorer les capacités de recueil de données, de statistiques et d'analyse, en collaboration étroite avec les gouvernements africains. Ces centres fourniraient aux pays africains des cadres de politique solides et permettraient de faire confiance à l’élaboration des politiques.

Le Dr. Praghu Pingali, responsable de la politique agricole et des statistiques de la Fondation Bill & Melinda Gates, a déclaré « les gouvernements africains auront besoin de données et statistiques améliorées pour une meilleure prise de décisions politiques. Il est essentiel de s’assurer de la mise en place de systèmes de suivi et d’évaluation appropriés pour évaluer l’impact des politiques sur la productivité agricole, la sécurité alimentaire, l’emploi rural et les revenus dans les régions rurales ».

Tout au long de ces deux journées, les participants ont exprimé le besoin de renforcer les partenariats.

Le Prof. Richard Mkandawire, conseiller en agriculture du NEPAD a déclaré, « un partenariat avec l’ensemble des parties prenantes ouvre la voie vers l’avant. Le NEPAD travaillera plus intensément avec l’AGRA pour s’attaquer aux goulets d’étranglement politiques. .. Cette réunion constituait un premier pas important pour élaborer un programme d’action et mettre plus fortement l’accent sur des solutions authentiquement africaines à la situation alimentaire du continent dans les années à venir ».

Le Dr. Ngongi de l’AGRA a souligné que « beaucoup de choses restent à faire, mais elles ne peuvent être menées par une seule institution. Nous devons travailler en partenariat et demander aux gouvernements de prendre les devants et d’élaborer des politiques pour une révolution verte. A l’AGRA, nous continuerons à demander à nos partenaires d’exprimer leurs points de vue, depuis les agriculteurs dans les champs jusqu’aux présidents et aux ministres de l’agriculture, et à travailler ensemble pour améliorer les rendements, la durabilité et le revenu des petits exploitants ».

Ainsi que le dit M. Peniel Lyimo, le secrétaire permanent de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, en Tanzanie, « l’avenir pourrait sourire aux exploitants agricoles africains si les recommandations de la réunion sont appliquées. La politique est tout ».

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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)

L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent africain pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour augmenter sensiblement la productivité des exploitations agricoles et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés, et l’enseignement en agronomie.

Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Le Dr A. Namanga Ngongi, ancien Directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations Unies est Président de l’AGRA. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana. Pour de plus amples informations, allez sur www.agra-alliance.org .