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Alliance for a Green Revolution in Africa

L’Alliance pour une révolution verte en Afrique nomme Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, à la Présidence du Conseil

Le Cap (14 juin 2007) L’Alliance pour une révolution verte en Afrique a annoncé aujourd’hui la nomination de son premier président en la personne de Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies.

Prenant la parole à la réunion du Forum économique mondial sur l’Afrique au Cap où il devait prononcer un discours programme sur l’agriculture africaine, M. Annan s'est dit profondément honoré d’accepter ce poste et espère que cette position lui permettra de faire avancer une question essentielle pour un développement plus large de l’Afrique.

« C’est un honneur pour moi d’accepter ce poste important et de me joindre à mes camarades africains dans un nouvel effort pour nous attaquer à l’ensemble des défis auxquels se heurtent des centaines de millions de petits exploitants en Afrique », a indiqué M. Annan. « L’Afrique est la seule région du monde où la sécurité alimentaire et le niveau de vie se détériorent globalement. Nous inverserons cette tendance en œuvrant pour créer une révolution verte authentiquement africaine et durable sur le plan environnemental. Lorsque nos paysans les plus pauvres vivront bien, l’ensemble de l’Afrique en bénéficiera. »

L’Alliance pour une révolution verte en Afrique créée l’an dernier grâce à un don de 150 millions de dollars de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation Rockefeller, cherche à aider des millions de petits exploitants et leurs familles à travers l’Afrique à s’affranchir de la pauvreté et de la faim grâce à une augmentation durable de la productivité et des revenus agricoles. Elle a son siège à Nairobi au Kenya et travaillera dans l’ensemble du continent sur toute une série d’actions concernant la « chaîne de valeur » agricole, allant du renforcement des marchés agricoles locaux et régionaux au soutien à l’amélioration de l’irrigation, de la qualité des sols et de la formation des paysans, au soutien au développement de nouvelles semences mieux à même de résister au dur climat africain.

L’Alliance est une réponse aux appels récents des dirigeants africains pour ouvrir une nouvelle voie vers la prospérité en encourageant le développement agricole du continent. Elle veut aider à inverser des décennies de relative négligence dans le financement du développement agricole de l’Afrique. Elle fait sienne la vision exposée dans le Programme Global de Développement Agricole pour l’Afrique (CAADP) de l’Union Africaine (UA) qui vise une croissance annuelle de la production de denrées alimentaires de 6 % à l’horizon 2015.

Le Dr Monty Jones, directeur du FARA, une des principales institutions africaines de recherche, et membre du conseil de l’AGRA a accueilli très favorablement cette nomination. Il a déclaré : « Avec Kofi Annan comme président, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique sera mieux à même d’asseoir la base politique et économique sur laquelle s’appuiera notre vision en faveur des pauvres, des partenariats pour l’environnement nécessaires pour redynamiser l’agriculture pour les petits exploitants africains, et de remplacer la pauvreté si largement répandue par la prospérité. »

Une révolution verte nouvelle, durable et authentiquement africaine

Pour le Dr Akin Adesina, Vice Président de la Politique et des Partenariats de l’AGRA, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique s’inspire des succès de la première révolution verte qui a permis de considérablement accroître la productivité agricole en Asie et en Amérique latine, mais cherche également à tirer des enseignements de certaines de ses faiblesses.

« La première révolution verte a permis de doubler la production agricole, voire plus, de sauver des centaines de millions de vies » a déclaré le Dr Adesina, « Cependant, cette expérience a également permis de voir à quel point il est important de s’assurer que les petits exploitants sont les premiers bénéficiaires de nos efforts, et que le consommateur et les questions liées à la santé environnementale font partie intégrante du processus de développement agricole. »

Le nouveau poste d’Annan auprès de l’Alliance lui est proposé six mois après son départ des Nations unies où il a exercé deux mandats de cinq ans en tant que secrétaire général. Au cours de son mandat auprès des Nations unies, Annan a souvent appelé l’attention sur le lien entre les systèmes agricoles en piteux état de l’Afrique et la persistance de la pauvreté et de la faim. Parfaitement conscient que l’alimentation et les revenus de la majorité des pauvres d’Afrique, notamment des femmes, dépendent de l’agriculture, Annan a appelé en 2004 à « une révolution verte authentiquement africaine, une révolution attendue depuis trop longtemps déjà, une révolution qui aidera le continent à réaliser ses aspirations à la dignité et à la paix.»

« Nous nous réjouissons d’avoir Kofi Annan comme président du conseil » a déclaré Judith Rodin, présidente de la Fondation Rockefeller. « Kofi Annan comprend parfaitement que relever les défis les plus importants qui se posent aujourd’hui à notre monde exige des coalitions vastes et globales. Son leadership en matière de création et de renforcement de coalitions fait l’admiration générale. »

Au cours des quinze dernières années, le nombre d’Africains vivant au-dessous du seuil de pauvreté (1 dollar par jour) a augmenté de 50 %, et la production de denrées alimentaires par habitant a baissé. Au cours des cinq dernières années seulement, le nombre d’enfants en insuffisance pondérale a augmenté d’environ 12 % en Afrique.

L’une des causes majeures de cette pauvreté enracinée de plus en plus profondément est l’incapacité de millions de petits exploitants – en majorité, des femmes travaillant sur des exploitations de moins d’un hectare – à produire suffisamment de denrées alimentaires pour nourrir leur famille, leur communauté ou leur pays.

« Kofi Annan apporte non seulement sa grande expérience et sa compréhension des défis qui se posent à l’agriculture africaine, mais également la volonté et la capacité d’amener un large éventail de partenaires à s’y attaquer », déclare Bill Gates, co-président de la Fondation Gates.

En tant que président du Conseil de l’Alliance, Annan souhaiterait se déplacer régulièrement en Afrique pour rencontrer des paysans, des entrepreneurs, des chercheurs et des responsables politiques africains pour discuter et promouvoir le travail de l’Alliance et l’ensemble de ses initiatives. Il expliquera clairement l’objectif de l’Alliance, qui est d’accroître fortement la productivité et les revenus agricoles tout en préservant l’environnement et en instaurant une plus grande équité.

« La vision et le leadership de Kofi Annan constitueront un atout énorme pour l’Alliance, qui cherche à faire avancer sa vision pour aider les paysans et leurs familles à travers l’Afrique à vivre de façon plus saine et plus productive », indique Melinda Gates, co-présidente de la Fondation Gates.

Travailler avec des partenaires sur l’ensemble de la « chaîne de valeur » agricole

Aujourd’hui, avec Annan comme président, l’Alliance est gérée par un conseil d’éminents dirigeants africains et ouvre des bureaux à Nairobi et à Accra. L’Alliance est en train de conclure rapidement des partenariats avec des organisations et des institutions à travers l’Afrique. Elle a déjà accordé plus de dix subventions, créant des partenariats avec plusieurs ministères de l’agriculture et d’éminents phytogénéticiens africains, des experts de la fertilité des sols et des responsables de programmes de vulgarisation agricole.

L’Alliance s’est engagée à se construire sur ces bases et à développer un partenariat global avec les petits exploitants, les chercheurs, les gouvernements nationaux, les fondations et d’autres bailleurs de fonds, les groupes de la société civile et les entrepreneurs du secteur privé. Elle travaille déjà avec des agronomes et des petits exploitants africains pour utiliser les techniques conventionnelles de sélection et développer des variétés à plus haut rendement et plus résistantes pour les principales cultures vivrières et réfléchir aux moyens de les distribuer. Elle appuie également des programmes pour augmenter le nombre de chercheurs agricoles africains et un programme pour suivre et évaluer son travail. Elle lancera bientôt une initiative pour améliorer la qualité des sols en Afrique, qui sont parmi les plus appauvris du monde.

Au cours des deux prochaines années, l’Alliance conclura de nouveaux partenariats visant à améliorer la gestion de l’eau sur des terres agricoles souvent desséchées, à créer des marchés agricoles plus efficaces grâce à de meilleures informations, à améliorer le stockage et le transport, et œuvrera en faveur de réformes de politique qui soutiennent les petits exploitants et encouragent le développement rural, la durabilité environnementale et des systèmes de commercialisation qui favorisent les paysans pauvres.

 

À propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique
Menée par des Africains, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’Alliance proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité et les revenus des petites exploitations tout en protégeant l’environnement et la biodiversité. Pour réaliser cet objectif, les partenariats de l’Alliance s’intéressent aux aspects les plus importants de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi qu’aux marchés,à l’enseignement et à la politique agricoles. Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.

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