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Growing Africa's Agriculture

Assurer la surveillance des semences en Afrique : prochaines étapes

Les principaux organismes de réglementation se réunissent à Nairobi pour améliorer l’industrie des semences

Nairobi au Kenya (3 juin 2008) — Ajoutant un barreau supplémentaire à l'échelle pour atteindre la sécurité alimentaire sur le continent, l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a réuni ce jour les principaux organismes de réglementation agricoles pour discuter des manières d’améliorer les systèmes défaillants qui encadrent la production de semences.

Les organismes de réglementation qui supervisent les fournisseurs de céréales doivent protéger les petits exploitants contre la fraude et s'assurer que des entités qualifiées sont impliquées dans la production, la transformation et le marketing de céréales. Et pourtant dans nombre de pays africains, ces organismes de réglementation manquent d'effectifs et de ressources financières et semblent être débordés alors qu’un secteur privé des semences commence à s’installer et à se développer.

En conséquence, des semences non certifiées se retrouvent souvent sur les marchés. Les champs de production sont rarement inspectés et les procédures de transformation des semences sont rarement suivies. C’est ainsi que se retrouvent sur le marché de fausses semences qui ne présentent aucun potentiel sur le plan des rendements et ne possèdent pas les qualités revendiquées. Les coupables –même lorsqu’ils se font prendre - ne sont jamais appréhendés. La réunion de Nairobi permettra de s'assurer que les exploitants qui vont de l'avant auront accès à des semences de bonne qualité.

« Certains producteurs de semences, entreprises ou agro-commerçants ont tendance à profiter des faiblesses du système de réglementation des semences et fournissent des semences de mauvaise qualité aux agriculteurs, » déclare George Bigirwa de l’AGRA.

Inonder le marché de semences de qualité médiocre peut avoir un impact sur l’acceptation future des variétés améliorées de semences mises au point pour accroître la productivité. Si les agriculteurs ne voient plus de différence entre les performances des variétés locales et des variétés dites améliorées, ils ne se sentiront pas encouragés à acheter de nouvelles variétés.

« Je suis heureux que l’AGRA ait reconnu l'importance des organismes de réglementation et de certification des semences et compris le rôle important de ces partenaires dans la chaîne de valeur des semences. Notre rôle consiste à maintenir l'ordre chez les parties prenantes pour que les agriculteurs aient accès à des semences de qualité. Pour ce faire, nous avons besoin du soutien de l’AGRA, tout comme les sélectionneurs et les entreprises semencières en ont besoin pour la formation, le financement et le plaidoyer auprès de nos gouvernements, » indique le Dr. Francis Maideni, directeur de l’organisme de certification et de réglementation des semences au Malawi.

Si le système de réglementation des semences est remis sur la bonne voie, l’AGRA pense qu’il y aura une plus grande acceptation des semences améliorées et une amélioration des rendements, de la sécurité alimentaire, du revenu des ménages et des moyens de subsistance.

Dans son Programme pour les systèmes de semences pour l'Afrique (PASS), l’AGRA reconnaît que les semences améliorées sont un outil important pour aider les agriculteurs à atteindre la sécurité alimentaire.

« Un des principaux objectifs de la stratégie PASS consiste à créer une filière africaine des semences dynamique et compétitive, et ceci ne peut se réaliser qu’en travaillant en étroite collaboration avec diverses parties prenantes dans la chaîne de valeurs des semences, » explique Bigirwa.

Alors que l' AGRA a apporté son appui à un certain nombre d’entreprises semencières privées, elle n'a pas encore engagé d’organismes de réglementation des semences.

« Nous devons renforcer et autonomiser les organismes de réglementation des semences en recherchant un financement public, en recrutant des personnes pour diriger les agences, en les encadrant, et plus important encore, en leur permettant de devenir autonomes. Les services d'inspection d'usines du Kenya (KEPHIS) en sont un exemple, » remarque Bigirwa.

C'est dans ce contexte que l' AGRA a décidé d'organiser une réunion pour mettre en place des mécanismes de collaboration avec les organismes de réglementation des semences pour un fonctionnement harmonieux de l'industrie des semences en Afrique australe et orientale. Les participants se sont penchés sur le statut des agences, leurs contraintes, les stratégies pour les surmonter, et sur la manière d’aller de l’avant au Kenya, au Malawi, en Tanzanie, en Ethiopie, au Mozambique, à Madagascar, au Rwanda, en Ouganda et en Zambie.

La plupart des organismes de réglementation ont vu le jour à l’époque où il n’existait qu’une seule entreprise de production de semences fabriquant la presque totalité de la production commerciale de semences dans leur pays. Mais actuellement, ces organismes sont confrontés à un système d’approvisionnement en semences de plus en plus diversifié (notamment les entreprises nationales et internationales ainsi que les petits producteurs), et doivent en même temps faire face à des budgets publics inappropriés et non fiables et à des structures qui souvent se détériorent.

En conséquence, la plupart des régulateurs de semences sont incapables de respecter les engagements qu’impliquent les protocoles réglementaires. Ils sont forcés de rogner sur les coûts et de ne procéder qu’à de rapides inspections, ou bien encore, les semences n’arrivent pas sur le marché faute de ressources. Dans certains cas, les producteurs de semences ont en fait fourni des ressources aux régulateurs afin qu'ils puissent effectuer leur travail, ou encore des arrangements improvisés ont été mis en place (tels que nommer des vulgarisateurs pour exécuter les fonctions réglementaires).

Les questions importantes traitées lors de la réunion :

  • L’amélioration de la certification et de la réglementation de semences dans les pays respectifs
  • L’identification des domaines de collaboration et de soutien
  • La production informelle de semences
  • Le rôle des ONG dans la production de semences
  • La production de matériel végétal pour des cultures à multiplication végétative
  • Les procédures de diffusion des variétés et leurs implications sur les agriculteurs qui disposent de semences améliorées
  • Le recueil de données sur les semences : production, ventes, importations et exportations
  • Les partenariats avec les NARI publics, les entreprises semencières et les associations commerciales nationales de semences

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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)
L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent africain pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité des exploitations agricoles et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés, et l’enseignement en agronomie.

Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Le Dr A. Namanga Ngongi, ancien Directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations Unies est Président de l’AGRA. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana. Pour de plus amples informations, allez sur www.agra-alliance.org.