Une nouvelle classe de titulaires d’un doctorat (PhD) en agriculture pour améliorer la connaissance des cultures en Afrique et permettre au continent de lutter contre la faim
Des étudiants africains financés par l’AGRA terminent un programme d’études pour l’élite au Centre africain pour l’amélioration des cultures
JOHANNESBURG, AFRIQUE DU SUD (14 avril 2008) — La seconde cohorte des candidats au PhD sponsorisés par l’Alliance pour une révolution verte (AGRA) a terminé ce jour son programme d’études avancées à l’Université KwaZulu-Natal en Afrique du Sud. Chaque agronome diplômé utilisera les connaissances acquises au cours de ses études pour améliorer la sécurité alimentaire en Afrique orientale et australe.
C’est une véritable avancée dit le Dr. Mark Laing, directeur du Centre pour l’amélioration des cultures en Afrique de l’Université (ACCI). Ces étudiants ont effectué leur recherche dans des installations limitées et avec un soutien technique limité, et pourtant, ils ont réalisé des progrès considérables au niveau de la sélection des plantes pour les exploitants africains. L’AGRA garantit également un financement à l’avenir aux diplômés de l’ACCI productifs, et ces agronomes disposent donc maintenant de connaissances, de soutien et de confiance pour poursuivre leur travail de sélection des plantes .
Nous attendons avec impatience ce que feront ces agronomes prometteurs lorsqu’ils reviendront dans leur pays avec leurs compétences et permettront d’offrir de réels progrès aux petits exploitants , dit le Dr A. Namanga Ngongi, Président de l’AGRA. Et enfin, nous espérons que leurs connaissances et leur formation les aideront à contenir la pauvreté et la faim, et à améliorer la vie des Africains .
Les solutions de l’ACCI vont jusqu’au paysan , dit Laing. le paysan est impliqué dès le début et tout au long du processus, ce qui permet un taux d’acceptation plus élevé chez les paysans utilisant ces nouvelles variétés de semences résistantes à de nombreux ravageurs et à de nombreuses maladies contre lesquelles les paysans luttent au quotidien .
Le Dr Albert Changaya Banda du Malawi, un des diplômés de cette année, a développé des variétés de pois cajans résistantes à la flétrissure fongique qui détruit cette culture. Il a sélectionné ces variétés à partir des variétés primitives des paysans, et elles possèdent donc la couleur et le goût que préfèrent les paysans, ce qui permettra de garantir une adoption rapide des nouvelles variétés par les paysans.
Le Dr Francisco Miti de Zambie a sélectionné un maïs adapté aux conditions des petits exploitants, c’est à dire à la sécheresse et aux sols acides à faible fertilité. En trois ans seulement, il a mis au point des populations de maïs avec un potentiel de rendement considérablement amélioré dans ces conditions difficiles, ce qui répond aux besoins de nombreux paysans en Zambie.
Le Dr. Joseph Kamau, un ancien étudiant du Kenya diplômé de l’ACCI a lancé le premier programme de sélection du manioc dans son pays, et en trois ans seulement, a mis au point des variétés résistantes au virus, à croissance rapide et à fort rendement, que les paysans apprécient pour leurs qualités de cuisson.
Parmi toute la diversité de l’oeuvre de l’AGRA, le programme ACCI constitue un élément important pour améliorer la production agricole des petits exploitants d’Afrique. Le programme espère combler le vide laissé par la fuite des cerveaux des chercheurs africains qui quittent le continent et par le manque d’opportunités de formation pour les scientifiques en Afrique. En outre, le programme se concentre sur les cultures essentielles à la sécurité alimentaire en Afrique et les étudiants se sont engagés à travailler après leur diplôme sur des cultures alimentaires de base dans leur pays. Ils pourront utiliser alors leurs compétences et s’appuyer sur les réseaux de recherche qu’ils ont établis.
La cérémonie de remise de diplômes s’est déroulée sur le site du Royal Agricultural Show à Pietermaritzburg. Le Dr. Richard Makandawrie, le conférencier invité, conseiller agricole du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a prononcé un discours devant la faculté des sciences qui a assisté à la cérémonie.
Le partenariat de l’AGRA avec l’Université de KwaZulu-Natal, et avec l’Université du Ghana à Legon devrait dans les dix prochaines années transformer 120 sélectionneurs africains et prometteurs de plantes en détenteurs d’un PhD en sciences, en leur offrant des études au Ghana et en Afrique du Sud. Au terme de leurs études, ces agronomes pourraient aider à créer une masse critique de connaissances sur les sélections de cultures africaines nécessaires pour éradiquer les crises alimentaires sur le continent. Les élèves s’inscriront au Centre africain pour l’amélioration des cultures (ACCI) à l’Université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, ou au Centre de l’Afrique de l’Ouest pour l’amélioration des cultures (WACCI) à l’Université du Ghana. Le programme de 13 millions de dollars US offre à chaque étudiant des fonds de recherche et un encadrement dans leurs domaines d’études sur une période de trois ans. Les étudiants font leurs études dans leur pays, dans leur station de recherche nationale.
Outre un soutien aux programmes de PhD, le travail de l’AGRA au niveau de l’éducation consistera à amener des centaines d’élèves au niveau de la maîtrise, et à renforcer les systèmes de vulgarisation agricole – ces programmes nationaux qui envoient les exploitants agricoles formés travailler avec les paysans dans leurs champs.
L’AGRA cherche à créer des partenariats et oeuvre à travers l’Afrique pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Elle propose des solutions pratiques permettant d’améliorer considérablement la productivité agricole et les revenus des pauvres tout en sauvegardant l’environnement. Le travail de l’AGRA est axé sur les changements nécessaires dans tous les aspects importants de la chaîne de valeur agricole : les semences, la fertilité des sols, l’eau, les marchés, la politique et l’enseignement en agronomie formés travailler avec les paysans dans leurs champs.
L’impact de l’AGRA se fera sentir chez un grand nombre d’Africains, notamment les millions d’exploitants pratiquant une agriculture de subsistance, en majorité des femmes qui cherchent à échapper au piège de la pauvreté de l’agriculture de subsistance actuellement limitée par des variétés de cultures non améliorées.
ACCI Graduates in 2008
| Nom | Pays | Un résumé des objectifs de recherche pour le PhD |
|---|---|---|
| Albert Changaya Banda | Malawi | Pois cajans résistants à la jaunisse fusarienne pour le Malawi |
| Philip Onyimbo Kwena | Kenya | Maïs résistant à la maladie pour l’ouest du Kenya |
| Philip Kipkoech Leley | Kenya | Maïs tolérant à la sécheresse pour l’est du Kenya |
| David Mariote | Mozambique | Maïs à forte teneur en protéines résistant à la maladie pour le Mozambique |
| Francisco Miti | Zambia | Maïs tolérant à la sécheresse pour des sols peu fertiles en Zambie |
| Clare Mukankusi | Uganda | Haricots secs résistants au fusarium pour le centre de l’Ouganda |
| Martin Orawu | Uganda | Niébé résistant au virus pour l’est de l’Ouganda |
| Geoffrey Kananji | Malawi | Haricots secs résistants au charançon pour le Malawi |
Profils de la promotion d’avril 2008
Huit pionniers - sept hommes et une femme - entament une phase cruciale de leur mission : améliorer la qualité et les rendements des cultures de l’agriculteur africain.
Ces huit diplômés font partie de la deuxième promotion d’élèves à obtenir un PhD en agriculture, sponsorisée par l'Alliance pour une révolution verte en Afrique, ou AGRA. Ils ont passé deux ans à l'université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, où chacun s’est consacré à l’étude d’une culture. Munis de leur Ph.D, ils repartent maintenant dans leurs pays d'origine en Afrique australe et orientale pour utiliser leurs connaissances toutes fraîches.
Les diplômés viennent de cinq pays – du Kenya, du Malawi, du Mozambique, d’Ouganda et de Zambie. Chacun de ces scientifiques a axé sa recherche sur un type de cultures de maïs, de pois cajans, de haricots secs ou de niébé résistant à la maladie ou tolérant à la sécheresse. Ils ont tous une formation en agriculture, et tous envisagent leur travail dans l'agriculture africaine comme une recherche permanente qui présente des défis considérables et offre des récompenses gratifiantes.
David Mariote, un chercheur originaire du Mozambique, a décidé de se lancer dans la lutte contre la faim après avoir vu les effets de la guerre civile dans son pays. La guerre avait dévasté la terre et nous avons dû recommencer à zéro, se rappelle-t-il. C'est de là que je viens, et je voulais faire de mon mieux pour contribuer à la sécurité alimentaire de la population .
Nous sommes des pionniers , a déclaré Geoffrey Kananji du Malawi, l'un des huit diplômés. Nous ne faisons pas cela pour faire plaisir aux responsables politiques ou aux donateurs, mais pour que les petits exploitants agricoles puissent réellement profiter de toute technologie que nous mettons au point. Je voudrais voir s’améliorer vraiment le bien-être du petit exploitant agricole au Malawi, et je veux y contribuer.
À ce stade passionnant de leur parcours, les diplômés rentrent au pays auprès de leurs familles et vont commencer à appliquer leurs connaissances pour qu’elles portent leurs fruits.
Albert Changaya Banda, Ph.D. (Malawi)
Alors qu'Albert Changaya Banda termine son Ph.D. sur des pois cajans résistants à la flétrissure à l'université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, ses pensées sont tournées vers l’avenir. Son épouse et deux enfants en bas âge l'attendent à Lilongwe, la capitale, où, après l’obtention de son diplôme le lundi 14 avril, il reprendra son travail en tant que responsable principal de la vulgarisation à l’Agricultural Research and Extension Trust.
L’agriculture est la passion du Dr. Changaya. Il possède deux exploitations agricoles au centre du Malawi, où il cultive du maïs, des tomates, des haricots, et une variété d'autres cultures. Mais pour l’instant, il met toute son énergie au service des cultures des exploitants agricoles au Malawi plutôt que de ses propres cultures.
Je veux que mon travail profite aux autres agriculteurs en mettant au point autant de variétés que possible , dit-il. Je veux me concentrer plus particulièrement sur la production et la distribution de semences
Ayant grandi dans une exploitation agricole, Changaya savait qu'il voulait étudier l'agriculture. Dès que j'en ai eu la possibilité, je me suis inscrit dans un cours d'agriculture à la faculté d’agriculture de Bunda de l'université du Malawi, a-t-il dit. C'est devenu une passion pour moi . Ses parents ont financé ses études, estimant que cela l’aiderait lorsqu’il rentrerait travailler dans l’exploitation familiale ; en attendant, Changaya a décidé de passer sa maîtrise en phytopathologie à l'université de Bunda, se concentrant sur le niébé malawien résistant à la flétrissure, une importante culture légumineuse à grain qui est cultivée dans le pays depuis au moins 3000 ans.
Changaya a voyagé à travers le Malawi à la recherche de plantes malades, qu'il a utilisées pour isoler le gène pathogène de la maladie et examiner ses effets sur différentes variétés de niébé. Ses résultats donnaient aux sélectionneurs l’orientation à suivre pour créer une résistance à la flétrissure dans les variétés malawiennes. Lors de l’obtention de son diplôme en 1995, il a intégré le projet Smallholder Agribusiness Development (SADP), dans le cadre duquel il conseillait des agriculteurs, et trois ans plus tard il a intégré l’Agricultural Research and Extension Trust. En 2002 il a obtenu une bourse pour poursuivre son Ph.D. dans le cadre du programme du Centre pour l’Amélioration des Cultures de l'Afrique (ACCI) à l'université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud. Le programme lui a donné l'occasion de se pencher sur un domaine qu’il avait toujours voulu explorer – les volets de la sélection en tant que mesure de contrôle de la flétrissure du niébé.
Changaya dit que le Malawi a fait de grands progrès dans le secteur agricole. Aujourd’hui exportateur de maïs, le pays a considérablement amélioré son infrastructure et a subventionné les intrants et les outils de commercialisation. A l’époque où j’ai grandi, il y avait beaucoup moins d'aide, et les fermiers n'étaient pas assurés d’avoir un marché. Maintenant le gouvernement soutient l'agriculture a-t-il ajouté.
Mais il existe encore des secteurs qui ont besoin d’être améliorés. Le système des semences pour les petites cultures comme le pois cajan, les haricots, et le sorgho n'est pas très moderne au Malawi dit-il. Il n'y a pas encore eu de forte poussée en faveur de la production de semences certifiées. C'est pourquoi je veux me concentrer sur la distribution de semences. Je veux améliorer la production du pois cajan, pour augmenter les rendements et les revenus des exploitants agricoles.
L'enthousiasme de Changaya est contagieux. Mais en dépit de ce qu’il a accompli et de ses plans bien précis pour l’avenir, il reste préoccupé par la réalisation de son rêve.
Après l’obtention du diplôme, mes camarades et moi-même voulons faire quelque chose dans nos pays, mais il faut qu’il existe une voie pour faire des propositions et la possibilité d’avoir accès à des fonds pour poursuivre nos travaux. Les fonds nous permettent d’être mobiles, d’aller voir les exploitants agricoles et de les aider au niveau de la distribution a-t-il ajouté.
Outre son travail sur le pois cajan, il voudrait participer à des ateliers agricoles qui permettraient aux exploitants agricoles de partager leurs connaissances. J'ai appris que… plus on multiplie les échanges avec les fermiers, plus l'impact est grand a-t-il déclaré.
Changaya espère un jour se retirer dans une de ses fermes, mais il n’y pense pas beaucoup pour l’instant. Il y a trop à faire – et il espère que ce travail apportera de gros avantages à d'autres.
Philip Onyimbo Kwena, Ph.D. (Kenya)
Philip Kwena est un optimiste et l'optimisme est le moteur de son existence. Né en 1964 à Mumbasa, il a grandi dans l’exploitation agricole de sa famille, une grande propriété de huit hectares, dans le district de Busia à l’ouest du Kenya.
Dieu merci l’exploitation agricole était grande car la famille comptait 17 enfants. En dépit du nombre de personnes cohabitant sur les lieux, Philip se souvient de cette période de sa vie comme d’une époque sans trop de difficultés. Son père et sa mère étaient fonctionnaires et se débrouillaient pour satisfaire tous les besoins fondamentaux de leurs enfants.
Les années d’école primaire et secondaire sont passées très rapidement, et Philip a pris assez vite le chemin de l'université. Intéressé par la vie des personnes, le premier choix de Philip était d'étudier la médecine, mais il lui manquait un point sur le total de points nécessaires pour être admis à l'école de médecine. Je ne le regrette pas - l'agriculture était mon deuxième choix et une fois que je m’y suis mis, j'ai commencé m’y intéresser de plus en plus et à me passionner – et finalement, améliorer les cultures c’est également améliorer la vie des gens , dit-il.
C’est avec le même bonheur qu’il est allé à Nairobi étudier et passer une maîtrise en phytopathologie. Il s’est à l’époque marié avec son épouse Nelley, et ils ont aujourd’hui deux garçons et deux filles. De bons élèves dit-il fièrement. Mais pour Philip, quatre enfants suffisent.
En 2003 Philip est parti étudier en Afrique du Sud, laissant sa famille derrière lui. Les coups de fil quotidiens et son optimisme l'ont aidé à traverser cette période, et il a cherché à apprendre tout ce qu’il pouvait sur la sélection des plantes.
De retour au Kenya après l’obtention de son Ph.D. à l'université de KwaZulu-Natal, il travaille maintenant pour l'institut de recherche agricole du Kenya (KARI) sur la résistance du maïs à deux microbes pathogènes : la tache grise du feuillage (GLS) et la tache foliaire causée par le Phaeosphaeria (PLS). Nous essayons de créer un maïs hybride qui serait résistant à ces microbes responsables de maladies, ce qui profitera à de vastes surfaces de terres à l’ouest du Kenya explique-t-il. Quand nous en parlons aux agriculteurs et que nous leur disons que nous bénéficions du soutien d’institutions comme l’AGRA, ils sont sincèrement ravis et partagent notre intérêt.
Il y a une raison qui motive Philip à faire ce travail : J’aime mon pays, j'aime les exploitations agricoles, et j'ai beaucoup de respect pour les agriculteurs. Ils travaillent très dur et nous devons trouver les moyens de les aider dit-il. Dans son esprit, les agriculteurs sont essentiels pour accroître la production des cultures et contribuer à la réduction de la pauvreté au Kenya.
Dans sa vie plutôt facile, Philip a également connu des périodes de désarroi, comme récemment avec les émeutes politiques dans l’ensemble du Kenya. Il se rappelle : Pendant cette période j'étais dans la phase de rédaction, et bien que ce qui s'est produit ne me touchait ni moi ni ma famille directement, j'ai eu beaucoup de difficultés à me concentrer sur ce que je faisais. Il s'inquiète de la confusion dans son pays bien aimé, et, avec son optimisme, il est prêt à poursuivre son travail et à œuvrer dur pour un avenir meilleur pour le Kenya.
Philip Kipkoech Leley, Ph.D. (Kenya)
Les cultures font partie intégrante du destin de Philip Kipkoech Leley. Il est né en 1964 au Kenya, où l'agriculture est l'industrie nationale, avec un père exploitant agricole installé à Kapsabet, tout comme l’étaient leurs ancêtres. Philip, ainsi que son frère et sa soeur, ont grandi parmi les cultures. Quand les deux garçons sont allés à l'université, leur choix d’étudier l'agriculture s’inscrivait dans la logique d’une existence solidement enracinée dans la terre.
Philip a pu fréquenter l'école primaire et secondaire grâce à une combinaison de bourses et de prêts que sa famille avait contractés pour lui assurer une carrière. Lorsqu’on lui a posé la question, il a dit ne pas se souvenir de quoi que ce soit en particulier qui l’ait amené à faire de la recherche sur les cultures. Les activités agricoles et l’agriculture font partie de l'identité du Kenya, et ce sont les activités de la majorité des personnes ici. Il est inutile de chercher à remettre cela en question ; vous faites simplement partie de la tradition du pays, a-t-il déclaré.
Habiter en Afrique du Sud pour suivre ses études de Ph.D. à l'université de KwaZulu-Natal a été parfois difficile. Ma famille était restée au Kenya, et étudier exigeait de travailler dur, mais pour obtenir ce que l’on veut, il faut faire quelques sacrifices, a-t-il ajouté. Il est aujourd’hui de retour au Kenya, à Katomani, Machakos, à quelques kilomètres de la capitale Nairobi. Il y vit avec son épouse qui est enseignante, et trois enfants en bas âge-- deux garçons et une fille. Pour ce qui est de poursuivre la tradition familiale, Philip indique qu'il respectera les choix de carrière de ses enfants, mais que l’agriculture serait certainement une option bien accueillie.
Philip est actuellement chercheur au KARI, l'institut de recherche agricole du Kenya, qui a pour mandat d’effectuer une recherche agricole sur les cultures et l’élevage. Le KARI coordonne également les activités de plusieurs stations régionales de recherche.
Ce que Philip fait au KARI est tout à fait pertinent pour le Kenya d'aujourd'hui. Je fais de la recherche sur des variétés de maïs, et plus particulièrement sur la résistance et la tolérance du maïs à la sécheresse. Les terres disponibles pour les cultures sont de plus en plus limitées car il pleut de moins en moins – et à moins de réussir à obtenir un maïs résistant à la sécheresse, il nous sera difficile de produire les denrées alimentaires dont nous avons besoin, a-t-il indiqué. Il croit que sauver l'agriculture et l'identité de son pays et assurer la sécurité alimentaire de la population vont de pair.
Les émeutes politiques récentes au Kenya n'ont pas eu d’impact direct sur le travail de Philip. Ce qui s'est passé était une exception. Le pays est stable, et j’ai choisi et décidé de rester ici et de contribuer à l’avenir du pays. Ceci implique quelquefois des sacrifices, mais je suis un agriculteur - un chercheur et un agriculteur et c'est là où je veux être.
David Mariote, Ph.D. (Mozambique)
L'ensemencement est une obsession pour David Mariote, un père de famille : la production de semences, la distribution de semences et l’amélioration de semences pour son pays le Mozambique. Cette industrie agricole fondamentale fait actuellement défaut au Mozambique, ce qui rend le cycle des récoltes très fragile. C'est pourquoi David, à la tête de certains des établissements de recherche sur les plantes les plus importants du pays, a décidé de concentrer tous ses efforts sur le renforcement du système des semences.
Il n'aime pas voir les gens souffrir par insuffisance de nourriture, chose dont il a fréquemment été témoin lorsqu’il était enfant à Metangula dans la province de Niassa, au nord du Mozambique. Comme beaucoup d’autres dans la région, ses parents étaient trop pauvres pour s'occuper de leurs enfants. En fait, David était pensionnaire dans une mission anglicane jusqu'à ses cinq ans, âge où il est retourné vivre avec sa famille à la ferme.
Il est allé à l'école primaire grâce à l'appui de la mission, puis au lycée avec une bourse du gouvernement. Ensuite, il a été le seul de ses frères et soeurs (trois garçons et une fille, plus un qui est décédé) capable d’aller à l'université.
Il était le plus jeune et sa majorité a coïncidé avec l’indépendance du Mozambique. Grâce à leur indépendance nouvellement acquise, les Mozambicains ont pu pour la première fois s’inscrire à l'université. David faisait partie de cette nouvelle génération.
Elevé dans une région rurale, l’agriculture était le premier choix d’études de David. En 1985 il a obtenu son premier diplôme à l'institut national de recherche sur l'agronomie de l'université Eduardo Mondale. Après son diplôme, il est rentré dans sa province natale pour mettre en pratique ses nouvelles connaissances.
Pourquoi cette précipitation ? Cette région était frappée par la famine, et ma première idée était d'y aller pour essayer de faire quelque chose dit-il. C'est de là que je viens, et j'ai voulu faire de mon mieux pour contribuer à la sécurité alimentaire de la population .
Puis ce fut la guerre civile et le Mozambique est devenu instable et dangereux. Il a pu partir au Brésil avec sa famille et y poursuivre ses études, obtenant une maîtrise en sélection des plantes à l'université de São Paulo.
Après la guerre il est rentré dans son pays, à Sussundenga, au centre du pays. Il était consterné. La guerre avait dévasté la terre et nous avons dû repartir à zéro, se souvient-il.
Après avoir travaillé à la reconstruction des cultures pendant un certain temps, une autre opportunité s'est présentée : passer un Ph.D. en Afrique du Sud. Pour la première fois, David serait seul pendant une longue période, sans sa famille. Mais tous les membres de sa famille ont compris l'importance de cette étape pour David et pour le Mozambique, et l'ont encouragé. Son diplôme de Ph.D. de l'université KwaZulu-Natale lui a été remis le 14 avril 2008.
Il a aujourd’hui 42 ans, avec des enfants âgés de 13 à 19 ans. Son épouse étudie le droit, se préparant à entamer une deuxième carrière après avoir été vétérinaire. David a toujours deux amours importants : sa famille et son pays.
Après avoir étudié des variétés de maïs résistantes aux infections, David souhaite maintenant utiliser sa position influente en tant que responsable de la recherche agricole, pour créer un système de production des semences. Les semences sont un élément essentiel dans le cycle des récoltes. Une fois que nous aurons des variétés de maïs résistantes, nous devrons convaincre les personnes que la production en série de semences est une bonne chose et peut être bénéfique pour tous répète-t-il avec passion.
Je ne veux pas voir des enfants élevés sans leurs parents à cause de la pauvreté ou de la faim, comme cela a été mon cas, et c’est ce qui m’encourage à œuvrer pour le succès du cycle de récoltes.
Francisco Miti, Ph.D. (Zambia)
L’objectif de Francisco Miti est d’aider les plantes à pousser et à réaliser leur plein potentiel.
En Zambie, où il est né et où il vit et travaille, le climat normalement adapté à l'agriculture est menacé par la sécheresse, et la faible teneur en azote du sol limite également le rendement des petits exploitants, soit la grande majorité de la population de la Zambie. Francisco consacre son existence à la recherche de solutions aux contraintes auxquelles se heurte l’agriculture.
Francisco est né en 1964 dans le village de Nyanda dans la région de Chipata, chef lieu de la province orientale de la Zambie. Son père, Lorent, était catéchiste de l'église catholique romaine. Sa mère, Felida, était femme au foyer. Il a cinq soeurs et un frère, et tous vivaient de l’agriculture vivrière.
Francisco a pu aller à l'école primaire et secondaire grâce à la politique d’éducation gratuite en Zambie qui permet à chaque enfant d’avoir accès à l’enseignement. Par la suite, il a obtenu une bourse du gouvernement pour l’aider à poursuivre ses études supérieures. C'est ainsi que Francisco a obtenu son premier diplôme, un BSc d’agronomie, à l'Université de Zambie.
Il a voulu étudier l'agriculture car il s’est rendu compte que beaucoup de gens en dépendent tout en ne bénéficiant pas de la sécurité alimentaire. J'ai voulu contribuer à améliorer leur production agricole , dit-il.
Après avoir travaillé avec le département du Seed Control and Certification Institute (l’Institut de certification et de contrôle des semences) (SCCI) du ministère de l’agriculture, Francisco a bénéficié d’une bourse de l'Agence suédoise de développement international (ASDI) et a obtenu une maîtrise de sciences en technologie des semences à l'Université d'Edimbourg au Royaume-Uni (Royaume Uni).
Puis, il a été chargé de la coordination des programmes de multiplication de semences pour les petits exploitants des régions rurales du pays. Ces programmes, appuyés par une variété de donateurs internationaux, avaient pour objectif de réduire la faim et la pauvreté en garantissant aux pauvres des régions rurales la sécurité des semences.
Lorsque Francisco est allé en Afrique du Sud pour y préparer son PhD il était déjà marié avec Meya, et avait deux filles et un garçon. Ils n’ont pas pu l'accompagner, mais les visites ont aidé la famille à bien vivre la distance.
Il est aujourd’hui rentré en Zambie. C’est très agréable d’être de retour au pays. Faire de la recherche dans mon environnement local m'encourage à travailler dur et à m’attaquer à un problème réel explique-t-il.
En sa qualité de responsable en chef des semences du Seed Control and Certification Institute (SCCI), il déclare que la Zambie offre de très bonnes conditions climatiques pour la production des cultures, mais que les fermiers ont besoin de l'aide des scientifiques. Il pense que la fourniture de variétés tolérantes à la sécheresse et à la faible teneur en azote du sol permettra d’augmenter la productivité de la majorité des fermiers.
Cependant, nous devrions non seulement chercher à élaborer des variétés améliorées mais également trouver un moyen efficace pour que celles-ci puissent arriver chez les nombreux agriculteurs des régions rurales bloqués par une infrastructure médiocre , déclare-t-il
Un véritable succès bénéficierait à l’ensemble du pays et permettrait à la Zambie d’exporter des denrées alimentaires, soutient-il.
Clare Mukankusi, Ph.D. (Uganda)
Clare est née il y a 32 ans dans le district de Mbarara au sud ouest de l’Ouganda. Elle est mariée et mère de deux enfants, et le 14 avril 2008, Clare a obtenu un Ph.D. en sélection de plantes.
La sécurité alimentaire est un thème omniprésent dans les paroles de Clare. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour améliorer la sécurité alimentaire en Ouganda, pour réduire la malnutrition et en atténuer l’impact, dit-elle. Elle veut appliquer dans son pays tout ce qu'elle a appris lors de ses études de Ph.D. au Centre africain pour l'amélioration des cultures (ACCI) à l'université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, afin d’améliorer la vie des agriculteurs.
Le chemin parcouru pour obtenir son Ph.D. n'a pas été facile. Quand Clare avait cinq ans, sa mère, une enseignante, s’est tuée dans un accident de voiture. Son père, un technicien travaillant dans un laboratoire médical, a dû s’occuper de Clare et de ses frères et sœurs, trois filles et un garçon, et cela n’a été facile pour personne.
Grâce à la meilleure amie de sa mère, Mme Mary Kabasomi Amooti, qui était décidée à ce que chacun des cinq enfants fasse des études et embrasse une carrière, ils ont pu obtenir des bourses de différentes organisations, y compris du fonds Save the children. Cependant, même avec les bourses, leur père avait du mal à assurer les besoins fondamentaux de la famille comme la nourriture et l'habillement. En dépit de leur situation, ils étaient tous bons élèves et ont continué à l’être dans ces conditions difficiles et tous les cinq sont allés à l'université de Makerere.
Mais pour une fille comme Clare vivant dans une société où règne l’inégalité entre les sexes, poursuivre des études supérieures a été un véritable défi, d’autant plus que les autres membres de la famille ne considéraient pas cela comme une priorité. Le premier choix de Clare était de devenir médecin, d’améliorer la vie des gens en les soignant, mais elle n’a pas réussi à entrer à l’école de médecine. Alors elle a pensé à l'agriculture-- pourquoi pas ? -- c'était une autre manière importante d'améliorer les conditions de vie de la population.
Elle est aujourd’hui très heureuse d’avoir choisi d’étudier les cultures. Clare a acquis une mine de connaissances et a une passion pour les haricots communs. Les haricots présentent de gros avantages nutritionnels , dit-elle. Ils ont par exemple, une teneur élevée en protéine. Il est important d'expliquer aux fermiers qu'en cultivant des haricots, ils peuvent assurer un bon niveau d’approvisionnements alimentaires et s’assurer un bon revenu. Les haricots peuvent fournir des protéines moins chères que les protéines animales, et Clare considère qu’ils peuvent mieux contribuer à la sécurité alimentaire.
Grâce à mon diplôme, je peux maintenant motiver les autres, proposer et évaluer des programmes à l’intention des populations rurales pauvres et suggérer des modifications à des fins d'amélioration. C’est ce que je souhaitais faire , explique-t-elle.
Son travail actuel au Centre international de l'agriculture tropicale (CIAT) à Kampala en Ouganda, constitue pour elle une plateforme unique pour réaliser sa mission d’étudier et de mettre au point de plus en plus de variétés améliorées de haricots et d'autres cultures qui pourraient être facilement adoptées par les agriculteurs. Elle travaille pour contribuer à la sécurité alimentaire, pour faciliter l'accès aux variétés nouvellement améliorées, et pour s'assurer que les capacités des agriculteurs à accéder et à utiliser des technologies nouvelles et avantageuses s’améliorent en permanence.
Clare est convaincue qu'avec l'appui des diverses parties prenantes, un plus grand nombre d'Ougandais, et notamment un plus grand nombre de femmes, feraient carrière dans la recherche sur les cultures. Être une femme dans ce domaine n'a pas été facile – par exemple, plusieurs de mes collègues femmes ont abandonné en raison de leurs responsabilités familiales ajoute-t-elle. Je voudrais encourager les centres de recherche et les universités à créer des environnements conviviaux pour les femmes, et inciter notamment les bailleurs de fonds à aider les femmes à s’investir dans l’agriculture et le développement . Avec des personnes comme Clare, l’avenir de pays comme l'Ouganda est certainement en de bonnes mains.
Martin Orawu (Uganda)
Martin Orawu pourrait parler des heures durant et sans s’interrompre de son travail qui consiste à améliorer la résistance du niébé aux maladies des plantes. Il donne avec passion toutes sortes de détails techniques et raconte avec force détails en quoi son travail est essentiel pour les exploitants agricoles ougandais et comment il peut leur offrir de meilleures options de cultures.
Venu au monde dans un village de l’est de l’Ouganda en mars 1973, Martin a toujours voulu faire les choses aussi rapidement et aussi parfaitement que possible. Ceci est peut être lié au fait que son père - décédé l'année dernière - était un enseignant qui a élevé quatre garçons : Martin et ses frères (l'un d'entre eux est également décédé). Etant le plus jeune, Martin a été encouragé à suivre sa propre vision de la vie.
Cette forte personnalité lui a été très utile lorsqu’il a été envoyé suivre ses études secondaires dans un pensionnat. C'est une expérience qui l'a amené à beaucoup réfléchir à la vie qu’il souhaitait. En 1997, Martin était déjà marié et sur le point d’entamer sa carrière dans l'agriculture. Aujourd'hui, avec deux garçons et une fille, il est fier de sa formation et a obtenu sa maîtrise en phytopathologie et un PhD en études agricoles à l'université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud. Au fil des ans il a bénéficié de différentes subventions et de bourses, y compris de l'aide de la Fondation Rockefeller et de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA).
Tout au long de ses années d'étude, sa famille a manqué à Martin en dépit de leurs fréquentes conversations téléphoniques. De plus, je devais travailler dur toute la journée. Cela a été un vrai défi, mais j'ai réussi grâce à leur appui permanent, dit Martin.
Aujourd'hui il se concentre sur la détection, la compréhension, et les moyens d’éviter une infection du niébé causée par un agent pathogène des plantes le virus de la mosaïque transmis par un puceron. Le niébé est essentiellement cultivé à l’est et au sud de l’Ouganda, et ce virus est mortel pour la culture, posant de sérieux problèmes aux fermiers au niveau de l’approvisionnement en denrées alimentaires, et aux personnes qui comptent sur ce produit pour assurer leur apport protidique journalier de base.
Martin est enthousiaste sur les résultats de sa recherche sur le niébé et le virus qui l’attaque: Nous avons fait une série d'expériences en croisant des variétés locales et étrangères de niébé, en leur inoculant le virus, et en décidant comment les variétés les plus résistantes peuvent être choisies, a-t- il expliqué. Nous sommes allés chez des exploitants agricoles dans chacun des comtés choisis et avons vu avec eux leurs impressions sur la couleur, la taille des nouvelles variétés, des facteurs qui sont essentiels pour que les nouvelles variétés soient acceptées par les agriculteurs.
Vous voyez-vous comme médecin des plantes ? lui ai-je demandé en utilisant une analogie que le grand public pourrait facilement comprendre. Oui, a-t-il répondu. Nous traitons le niébé pour le rendre résistant à un virus mortel afin que les fermiers puissent l'utiliser et améliorer leurs cultures.
Ce qui m’intéresse le plus c’est que mes connaissances et les études que j’ai suivies ont des conséquences pratiques. Il est en fin de compte très important pour mon pays que tout ce que nous avons appris au fil des ans puisse être utilisé sur le terrain ; autrement cela n'aurait aucun impact.
Geoffrey Kananji, Ph.D. (Malawi)
Les cultivateurs de haricots secs du Malawi ont chaque année bon espoir que les nouvelles variétés donnent de bonnes récoltes. Bien que ces nouvelles variétés aient des rendements élevés, beaucoup sont attaquées par des parasites. Les bruches, qui détruisent la valeur nutritive et la qualité des semences, sont souvent les pires.
Geoffrey Kananji veut changer cela. Il a récemment obtenu son Ph.D. dans le cadre du programme agricole de l'université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, sponsorisé par l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA).
Les programmes de sélection du haricot au Malawi ont permis de mettre au point des variétés intéressantes à haut rendement, mais lorsque les fermiers stockent la récolte, les ravageurs des greniers viennent détruire la récolte , indique Kananji. Si les fermiers essayent d’acheminer les haricots infestés jusqu’au marché, les acheteurs les fuient car ils ne sont plus appétissants – et ont perdu leur valeur marchande .
Le travail de Kananji était axé sur un ravageur - le coléoptère de bruche. Quand il a commencé son travail de Ph.D, il a choisi d'étudier la résistance aux bruches des haricots secs, une des cultures les plus importantes au Malawi. Il a souvent entendu les petits exploitants se plaindre de ce ravageur.
Le haricot sec est très important sur le plan nutritif, en raison de sa forte teneur en protéines, et comme culture de rente dit-il. Quatre-vingts pour cent de fermiers malawiens sont des petits exploitants, et ils ont besoin de cette culture pour leur alimentation et pour améliorer leurs revenus. Mais je me souvenais avoir entendu des exploitants agricoles dire qu’après stockage de leurs haricots, et en l’absence de mesures de sauvegarde, la récolte entière serait perdue dans les trois mois à cause des bruches. J'ai donc pensé : puisque je vais travailler sur le haricot sec, pourquoi ne pas me pencher sur un problème qui a posé un défi à tant d’exploitants agricoles ? .
Kananji a une solide formation dans les cultures de légumineuses. Sa maîtrise portait sur la conservation et l'utilisation des ressources phytogénétiques, et sa recherche était axée sur la compréhension des problèmes de dormance des semences chez certaines espèces sélectionnées de graminées. Après avoir terminé ces études, il est devenu responsable de la certification des semences et du contrôle de qualité au Centre de recherches agricoles Chitedze à Lilongwe. Il est actuellement le coordonnateur national de la recherche sur les cultures de légumineuses, de fibres et de graines oléagineuses au Malawi.
Quand j'étais jeune, ma mère et mon père travaillaient activement dans l’agriculture, et je les aidais pendant les vacances scolaires ajoute-t-il. Lorsque est venu le moment d’aller à l’université, il a choisi un établissement agricole qui lui a permis de s’adonner à la recherche, sa plus grande passion. Le Malawi étant un pays agricole, les perspectives étaient très intéressantes. Je savais que si j'étudiais l'agriculture, l’avenir serait prometteur pour moi , dit-il.
Maintenant muni de son Ph.D., Kananji veut poursuivre la recherche et mettre au point des variétés de haricots résistantes aux bruches pour les fermiers pratiquant l’agriculture de subsistance au Malawi. Il veut également créer un mouvement dans le cadre duquel les fermiers s’impliquent activement dans le processus de recherches.
Je pense que la recherche devrait faire participer les exploitants agricoles depuis le début jusqu’au produit final , dit Kananji. Ils sont souvent peu impliqués dans le choix de technologie, et dans l'analyse finale ; les nouvelles variétés ne sont pas choisies par les exploitants agricoles puisqu'ils n'ont pas été consultés. Si de bonnes variétés sont mises au point et correspondent à ce que les fermiers recherchent, le marché sera clair .
Réfléchissant à la façon dont ses études contribueront à ses objectifs à long terme, Kananji indique qu'il se considère et considère ses camarades d’études comme des pionniers - ils ont fait des erreurs, apporté des améliorations, et oeuvrent tous pour l’objectif d’apporter aux petits exploitants les avantages du travail sur la sélection.
Nous ne faisons pas ceci pour faire plaisir aux responsables politiques ou aux donateurs mais pour nous assurer que les petits exploitants profitent réellement de toutes les technologies que nous développons , dit-il. Je voudrais voir s’améliorer réellement le bien-être du petit exploitant agricole au Malawi, et je veux y contribuer .
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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)
L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour améliorer la productivité agricole et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de la chaîne de valeur de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés et l’enseignement agricole.
Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Le Président de l’AGRA est le Dr. A. Namanga Ngongi, ancien directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations Unies. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana. Pour de plus amples informations, allez sur
Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.
