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Alliance for a Green Revolution in Africa

Le WACCI et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) accueillent la première classe d’étudiants en doctorat en agriculture à l’Université du Ghana à Legon

Le Centre d’Afrique de l’ouest pour l’amélioration des cultures (WACCI) a ouvert les inscriptions pour janvier 2009. La date limite est fixée au 1er août 2008. Les dossiers d'inscription peuvent être téléchargés. [Download Application Here]

Huit étudiants d’Afrique de l’ouest commencent des études à haut niveau au Centre pour l’amélioration des cultures d’Afrique de l’ouest (WACCI) afin de trouver de nouvelles voies pour améliorer les cultures africaines

Accra, Ghana (12 mars 2008) — Les huit premiers candidats au doctorat sponsorisé par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) vont entamer leurs études à haut niveau à l’Université du Ghana à Legon, espérant trouver de nouvelles voies pour améliorer les cultures à travers l’Afrique de l’ouest, ont annoncé ce jour les représentants officiels assistant à la cérémonie d’inauguration du programme.

Le Prof. Eric Danquah, directeur du West Africa Centre for Crop Improvement (Centre d’Afrique de l’ouest pour l’amélioration des cultures) (WACCI) de l’université, a déclaré que la première classe d’étudiants de haut niveau envoie un message d’espoir à travers toute la région, et permet de préparer une nouvelle génération de chercheurs africains, effort qui est essentiel pour arrêter la « fuite des cerveaux » de chercheurs africains quittant le continent pour les pays développés. Les huit ont été sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidats.

Inaugural class

« Nous avons été extrêmement impressionnés par les diplômes de tous les candidats et en particulier des huit candidats sélectionnés », a déclaré Danquah. « J’attends avec impatience de les guider dans des études de sciences agronomiques de haut niveau qui seront axées sur les cultures indigènes qui permettront aux exploitants agricoles africains d’améliorer leurs rendements ».

Le Dr. Joe DeVries, responsable du programme semences de l’AGRA, a déclaré que les étudiants représentent des intérêts et des pays divers. Ils sont originaires de cinq pays d’Afrique de l’ouest - le Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Niger et le Nigeria – et étudient sept types de cultures différentes – le manioc, le niébé, le maïs, le millet, le riz, le sorgho et la patate douce. Et chacun d’entre eux a-t-il ajouté, rêve d’aider les exploitants agricoles de son pays et d’améliorer la qualité des denrées alimentaires pour tous.

« Une des caractéristiques essentielles de ce programme fait que les chercheurs se sont non seulement engagés à suivre deux années d’études à l’Université du Ghana, mais devront également une fois de retour dans leur pays, mettre en pratique ce qu’ils ont appris en cours et dans les laboratoires », a indiqué DeVries. Ces étudiants permettront de réduire les déficits en matière de capacités scientifiques pour améliorer et adapter les cultures nécessaires afin de répondre aux besoins alimentaires spécifiques de l’Afrique. Nous sommes fiers au sein de l’AGRA d’apporter notre appui à ce programme de l’université du Ghana ».

Les étudiants et les pays dont ils sont originaires sont indiqués ci-dessous :

Lors de la cérémonie à Accra des représentants du Ministère ghanéen de l’éducation, de l’université du Ghana et du Forum for Agricultural Research in Africa (FARA) du Ghana ont pris la parole.

Dans un discours lu par le Dr. Rexford Osei, le ministre de l’éducation, de la science et des sports, l’Honorable Professeur Dominic Fobih a déclaré : « C’est une bonne nouvelle que l’AGRA ait œuvré pour la création de ce centre d’excellence pour la formation de sélectionneurs de plantes de haut niveau. La création de ce centre d’excellence va dans le sens des Initiatives science et technologie de l’Union africaine (UA) et du NEPAD présentées dans le Plan d’action consolidé de l’UA élaboré par le Conseil ministériel africain sur la science et la technologie ».

Le partenariat de l’AGRA avec l’Université du Ghana à Legon, et l’Université de KwaZulu-Natal, devrait permettre au cours de la prochaine décennie de former 120 sélectionneurs de plantes africains dont on espère beaucoup et d’en faire des chercheurs titulaires d’un doctorat, dans le cadre d‘études dispensées au Ghana et en Afrique du Sud. Au final, ces chercheurs sur les récoltes aideront à créer la masse critique de connaissances sur les cultures en Afrique nécessaires pour en finir avec les crises alimentaires sur le continent. Les étudiants s’inscriront soit au West Africa Centre for Crop Improvement (WACCI) à l’Université du Ghana, soit à l’African Centre for Crop Improvement (Centre africain pour l’amélioration des cultures) (ACCI) à l’Université de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud.

Le programme au Ghana recrutera des étudiants d’Afrique de l’ouest et centrale, alors que l’initiative d’Afrique du Sud accueillera des étudiants d’Afrique de l’est et d’Afrique australe. Le programme qui coûtera 13 millions de dollars US est un des nouveaux programmes de l’AGRA pour affranchir le continent de la faim et de la pauvreté.

L’AGRA cherche à conclure des partenariats et à œuvrer à travers l’Afrique pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Elle propose des solutions pratiques pour accroître la productivité agricole et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA se penche sur les changements nécessaires à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés, la politique et l’enseignement agricoles.

Outre son appui aux programmes de doctorat, l’AGRA s’occupe d’éducation avec la préparation de centaines d’étudiants à la maîtrise, et le renforcement des systèmes de vulgarisation – ces programmes nationaux qui envoient les agronomes formés travailler avec les exploitants agricoles dans leurs champs.

L’AGRA aura un impact qui rejaillira sur un grand nombre d’Africains, en particulier sur les millions de paysans engagés dans une agriculture de subsistance, en majorité des femmes, et qu’il faut aider à s’affranchir de la pauvreté.

Personne autant que ces étudiants ne croit en cette vision.

« Je veux bien faire pour que toute la population défavorisée au Ghana et en Afrique en profite » dit Maxwell Darko Asante, qui va étudier la sélection du riz. « C’est mon rêve qui se realise ».

Un autre chercheur, Mamadou Coulibaly du Mali qui travaille sur de nouvelles variétés de sorgho, a indiqué que la coopération est essentielle – notamment entre les chercheurs et les paysans. « Les connaissances des paysans valent de l’or, a-t-il dit. Ils connaissent la terre, connaissent le temps, et connaissent les plantes ».

Bientôt, les exploitants agricoles pourront également avoir accès aux travaux de ces candidats au doctorat.

D’une certaine façon, ces huit étudiants se mettent librement la pression. « Nous devons nourrir notre peuple », dit Ndubuisi Damian Njoku, un Nigérian qui étudie le manioc. « Nous devons travailler dur pour nourrir les autres ».

 

Profils des futures classes, mars 2008

Ils sont huit – sept hommes, une femme. Ils sont originaires du Mali, du Nigeria, du Niger, du Burkina Faso, et du Ghana. Ils ont tous grandi autour de champs où étaient cultivés diverses variétés de légumes, et c’est cette expérience de jeunesse qui anime aujourd’hui leur travail de chercheurs engagés dans l’agronomie.

Les huit candidats sont les premiers doctorants sponsorisés par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, ou AGRA. Ils suivent actuellement des cours à l’université du Ghana à Legon. Ils suivront des cours à l’université pendant deux ans. Dans les trois ans qui suivront, ils rentreront dans leur pays d’origine avec pour mission un objectif commun : trouver le moyen de cultiver ces cultures importantes à plus grande échelle.

Ils travaillent sur sept types différents de cultures alimentaires : le sorgho, le riz, le niébé, le maïs, la patate douce, le manioc et le millet. Certains parmi eux espèrent produire de nouveaux hybrides plus résistants aux nuisibles et aux maladies, et donnant des rendements beaucoup plus importants. Dans chaque cas, les chercheurs constatent qu’il est réellement nécessaire d’améliorer les cultures. Et dans chaque cas ils sont motivés par le fait qu’ils peuvent faire quelque chose de bien pour leur pays.

« C’est la concrétisation de mon rêve » dit Maxwell Darko Asante du Ghana, un des huit chercheurs. « Je veux faire en sorte que toute la population défavorisée du Ghana en ressente les bienfaits ».

Un autre chercheur, Mamadou Coulibaly du Mali, parle de l’importance de la coopération – notamment avec les exploitants agricoles. Les connaissances du paysan « valent de l’or » dit-il. « Il connaît la terre, il connaît le temps et il connaît les plantes ».

Ces huit personnes connaissent également les plantes. Ils ne sont peut-être que huit, mais ils rêvent de changer le monde.



Issaka Ahmadou (Niger)
Issaka Ahmadou est né dans une famille d’exploitants agricoles dans un petit village du nom de Faram sur la bordure sud du Niger, à 800 kilomètres à l’est de la capitale Niamey. Sa mère a eu 11 enfants. Ahmadou est son sixième enfant. Cinq sont décédés et quatre sont morts à la naissance.

Son père qui s’appelait Issaka, a refusé d’envoyer ses enfants à l’école. Comme beaucoup dans la région, il considérait que l’école primaire était « l’école des blancs » et qu’il fallait l’éviter ; il n’y avait aucun blanc dans l’école, mais tout le monde parlait d’école des blancs car elle avait été construite par les Français à l’époque coloniale.

Mais, quand Ahmadou a eu sept ans, les maîtres de l’école ont dit au chef du village que tous les enfants de sept devaient être scolarisés cette année là. Les maîtres étaient puissants et le chef a porté leur message de maison en maison. Les parents d’Ahmadou l’ont envoyé à l’école le lendemain, mais lui seul.

Lorsque Ahmadou est rentré chez lui après son premier jour d’école, toute sa famille est venue l’accueillir.

« Toutes mes sœurs pleuraient parce que j’avais été envoyé à l’école », se souvient-il aujourd’hui, 34 ans plus tard. « Je leur ai demandé : pourquoi pleurez-vous ? ». Elles ont répondu : « Tu vas à l’école maintenant ». Je n’étais qu’un jeune garçon, et je ne comprenais donc rien. Je leur ai dit que « j’allais à l’école juste pour jouer ».

Il a terminé l’école primaire, puis l’école secondaire, puis a obtenu sa licence et sa maîtrise à l’université. Actuellement, le seul enfant d’Issaka de Faram qui est allé à l’école est un des huit chercheurs sponsorisés par l’AGRA qui commence des études de doctorat à l’université du Ghana à Legon.

Ahmadou s’interroge quelquefois sur sa chance, et sur la malchance de ses frères et sœurs. Mais il ne se pose pas de question sur la nature de son travail et la raison qui l’a poussée à étudier l’agronomie.

Au cours de ces quatre ou cinq dernières années il a travaillé comme chercheur à l’Institut national de recherche agronomique (INRAN) à Kollo, au sud de Niamey, sur la sélection de nouvelles variétés de millet. Le millet est une denrée alimentaire de consommation courante au Niger, mais les rendements sont très faibles – environ 400 à 500 kilogrammes par hectare.

Ahmadou qui est marié a trois enfants et en attend un quatrième ; il espère maintenant sélectionner une semence de millet plus productive. S’il y arrive, il sait qu’il aidera une grande partie de la population dans son pays – les paysans composent 80% de la population active du Niger – et cela aidera également sa famille.

Sa famille cultive du millet, du sorgho et des haricots. « J’ai travaillé dans les champs quand j’étais un garçonnet, à la seule force de mes bras, sans aucun outil moderne ; c’est un travail très dur. Beaucoup de personnes travaillent encore comme cela. J’espère leur apporter une aide et leur donner quelque chose qui leur servira dans les champs ».



Mamadou Ibrahim Aissata (Niger)
Mamadou Ibrahim Aissata n’est pas une novice en terre inconnue. Elle est l’aînée d’une famille de cinq enfants au Niger. Elle était une des premières femmes chercheurs à l’institut national de recherche agronomique de Niamey. Elle est à ce jour la seule femme de la première cohorte de huit chercheurs sponsorisés par l’AGRA, étudiant à l’université du Ghana à Legon.

« Pour moi, si vous avez une solide formation, être une femme n’est pas un problème dans ce domaine » dit Aissata. « Après tout, ce n’est pas un travail physique. C’est un travail intellectuel ».

Aissata est une des six femmes chercheurs à l’institut de recherche agronomique du Niger où travaille une cinquantaine de chercheurs. Son domaine d’activité porte sur l’amélioration génétique du sorgho. Pour ses études de doctorat, elle étudiera les moyens de sélectionner de nouvelles variétés de sorgho pour améliorer les rendements des exploitants agricoles.

Elle a grandi au sud du Niger, près de la frontière avec le Nigeria près de la plaque tournante du marché commercial de Maradi qui est à 700 kilomètres à l’est de Niamey. Elle vivait avec sa tante et son oncle, un commerçant qui vend de tout depuis les cultures jusqu’au sel.

Aissata a 43 ans, est veuve et sans enfant, et est allée à l’université en Russie. Elle a obtenu une maîtrise en biotechnologie et en amélioration des cultures à l’Université de Cocody en Côte d’ Ivoire.

Son but actuellement est d’aider son pays, dit-elle.

« Le Niger est extrêmement pauvre et près de 80 pour cent de la population est constituée des paysans. Je crois qu’il est de ma responsabilité de faire quelque chose et d’apporter ma contribution, et je pense pouvoir le faire grâce à mon travail dans l’agriculture ».

Elle dit se mettre la barre assez haut. Peut-être pourra-t-elle découvrir ou créer de nouvelles variétés avec les paysans qui pourront pousser avec peu d’eau, ou qui seront résistantes à un large éventail de nuisibles et de maladies. « Qui sait ? » dit Aissata. « J’espère que le travail que je vais mener profitera à l’ensemble des exploitants agricoles du Niger, et peut-être d’Afrique de l’Ouest. Il est important pour moi d’essayer de le faire ».



Maxwell Darko Asante (Ghana)
Pour Maxwell Darko Asante, un sélectionneur de riz du Ghana, sa motivation à en apprendre plus sur les cultures découle en partie de ses années passées à l’école secondaire dans la ville d’Akropong-Akuapem située à l’est du pays.

Maxwell avait un père professeur d’anglais dans une école secondaire et une mère professeur d’école primaire, se souvient Aboa Offei, un de ses professeurs qui l’a encouragé. « Il était un professeur d’agriculture très axé sur la pratique » dit Maxwell. « Nous allions dans la ferme école et il nous expliquait le processus consistant à surélever les lits de semences, et par exemple la culture du chou, des tomates et du poivre ».

Il a également eu des expériences mémorables autour de la table à manger de sa famille. « Mon père et ma mère essayaient toujours d’aider les gens », dit-il. « Nous vivions sur le campus de l’école, et nombre de ses élèves venaient manger chez nous. La nourriture du réfectoire ne suffisait pas ».

Maxwell a une licence générale en agriculture de l’Université de Cape Coast au Ghana, où il a obtenu un diplôme en éducation. Il a ensuite choisi de faire son service national au Crops Research Institute (CRI) à Kumasi entre 1998 et 1999. Dès 2000, il a été engagé comme assistant de recherche dans la division gestion des ressources et des cultures du CRI. De 2002 à 2004, il a obtenu sa maîtrise en sélection des plantes à l’université de science et de technologie Kwame Nkrumah à Kumasi.

En 2005, il a commencé à travailler comme sélectionneur de riz au CRI. Il a gagné la bourse du Generation Challenge Program en 2006 qui lui a permis d’aller à l’université Cornell pour apprendre la sélection assistée par marqueur axée plus particulièrement sur la sélection pour obtenir un riz ayant un parfum.

Pour son travail sponsorisé par l’AGRA à l’Université du Ghana à Legon, il espère poursuivre ses travaux sur la sélection de variétés de riz ayant d’excellentes qualités de cuisson, de consommation et nutritionnelles. Les producteurs de riz ghanéens qui utilisent essentiellement trois variétés commerciales de riz, ne produisent que 30 pour cent du riz consommé dans le pays. Maxwell espère que ses travaux de recherche permettront de développer la production de riz au Ghana et d’améliore l’acceptabilité par le consommateur du riz produit localement.

« C’est mon rêve qui se réalise », dit-il lorsqu’il a commencé les cours. « Je veux bien faire pour que toute la population défavorisée au Ghana et en Afrique en profite. Je vois encore beaucoup de personnes qui ont faim. Je pense être bien placé pour les aider ».



Moses Adeolu Adebayo (Nigeria)
Lorsque Moses Adeolu Adebayo était un jeune garçon vivant à l’ouest du Nigeria, il se souvient qu’il suivait son père toute la journée. Ils passaient ensemble des heures dans les champs, et son père lui apprenait tout ce qu’il connaissait sur l’agriculture.

« J’ai grandi au village, et nous faisions toujours pousser des cultures – cacao, maïs, igname, huile de palme », dit Moses. « J’étais constamment à la ferme avec mon père, plantant, récoltant, le regardant.

Moses dit que son père ne s’est pas contenté de lui montrer les tâches routinières de l’agriculture en fonction des saisons mais ajoute-t-il, « il m’a appris l’art de l’agriculture ».

Ceci signifie qu’au lieu de planter deux semences de maïs ensemble dans une plate-bande surélevée, comme le feraient la majorité des agriculteurs, le père et le fils en plantaient quatre dans un trou – et ensuite revenaient élaguer les pieds les plus faibles.

Aujourd’hui, au moment où Moses entre en première année du programme de doctorat sponsorisé par l’ AGRA à l’université du Ghana à Legon, il réfléchit à ses propres racines – et à la direction qu’il veut prendre.

Il est le cinquième d’une famille de sept enfants et a grandi dans la ville de Modakeke. Il est le seul de sa famille à avoir été à l’université, et à avoir obtenu une maîtrise en recherche sur la sélection de plantes à l’Université d’Ibadan.

« Un grand nombre de facteurs expliquent pourquoi j’ai été le seul à aller à l’université », indique-t-il. « J’étais déterminé, mais j’ai également eu de la chance. J’ai trouvé ma voie. Les autres ont abandonné, mais moi j’étais décidé à y arriver”.

Moses a commencé à travailler comme chargé de cours à l’Université de technologie Ladoke Akintola à Ogbomoso à l’ouest du Nigeria, enseignant la génétique et la sélection de plantes. Pour ses études de doctorat, il fera des analyses génétiques du cytoplasme et des effets maternels sur la vigueur de la semence de maïs. En d’autres termes, il cherchera à sélectionner des semences de maïs plus productives.

« J’ai apporté ma contribution à l’humanité, à mon pays », dit-il. « Je vois plus cela comme un appel que comme une recherche universitaire ».

Moses a 37 ans, est un chrétien fervent marié à Mojisola Adewunmi, père de trois enfants et dit qu’il croit sincèrement que « Dieu m’a aidé à arriver où je suis ». Son père Adebayo Alpheus est décédé il y a quelques années. Moses pense que si son père était encore en vie il serait extrêmement heureux – un fils qui enseigne l’agriculture à son père. « Il serait fier de moi » dit Moses. « Il prierait pour moi ».



Mamadou Coulibaly (Mali)
Mamadou Coulibaly âgé de 43 ans est le fils d’un fonctionnaire et d’une mère au foyer. Il a cinq frères et six sœurs. Ses deux parents l’ont encouragé à faire des études. Sa mère, une des deux femmes de son père n’était pas instruite et ne comprenait pas ce que ses enfants étudiaient. « Elle s’assurait que nous faisions nos devoirs lorsque nous rentrions à la maison, alors qu’elle n’avait jamais été scolarisée », dit-il.

Il a commencé tout jeune à s’intéresser aux semences, les collectionnant, notamment les fruits, les cultures et les graminées. Il les séchait au soleil, et les plantait au début de la saison suivante « juste pour voir ce qui se passait ».

Ses parents l’ont encouragé à entreprendre des études agricoles, simplement parce qu’il semblait passionné par cela. Il a étudié les sciences biologiques au lycée au Mali, a obtenu sa licence puis est parti en Tunisie où il est resté huit ans. Il a obtenu son diplôme universitaire en sciences agricoles à l’Ecole Supérieure d’Agriculture de Kef, puis a passé un examen d’entrée qui lui a permis d’obtenir une bourse pour l’Institut national d’agronomie à Tunis où il a passé quatre ans. Il a appris les techniques agricoles expérimentales pour créer des hybrides de blé résistantes au stress, notamment dans les situations de sécheresse. « J’ai appris de bonnes méthodes de sélection et j’ai trouvé les moyens d’améliorer une plante » dit-il.

En 1998, Mamadou est rentré au Mali et a commencé à travailler pour le programme sorgho. Il était chargé d’améliorer le rendement des paysans à travers le Mali, en les encourageant à adopter de nouveaux hybrides.

« Le plus important était de faire participer les paysans à mes travaux. Je passais beaucoup de temps à leur parler » déclare Mamadou qui est marié et a trois enfants. « J’ai constaté que les paysans ont des informations essentielles pour notre réussite. Il ne faut jamais dédaigner les connaissances des paysans. Elles valent de l’or. Ils connaissent la terre, connaissent le temps, et connaissent les plantes ».

Mamadou considère que les exploitants agricoles doivent jouer un rôle intégral dans la stratégie agricole du pays. « Je suis venu de l’extérieur avec mes connaissances et j’ai dû gagner leur confiance », dit-il. « Il a fallu cinq ou six ans de travail avec les paysans à travers le pays pour introduire de nouveaux hybrides, mais leur participation était nécessaire car ils savaient ce qui donnerait des résultats et ce qui n’en donnerait pas ».

« Le Mali est un beau pays possédant de nombreuses terres fertiles, mais nous ne pouvons pas en profiter sans les bonnes politiques agricoles qui permettront à la terre et aux populations de prospérer. Ceci commence à se faire mais ne doit pas s’arrêter maintenant ».

Il espère apprendre de nouvelles techniques plus efficaces à l’Université du Ghana à Legon, qui lui permettront de créer des hybrides. Ensuite, il rentrera au Mali pour travailler dans le cadre d’un projet de trois ans lui permettant d’appliquer les leçons apprises au cours de ses études.

« Avec un bon hybride, nous pouvons multiplier le rendement par trois ou quatre », indique-t-il. « Ceci peut avoir un impact énorme sur la population de notre pays ».



Solomon Gyan Ansah (Ghana)
Au Ghana, les prix de la viande et du poisson sont trop élevés pour un grand nombre de personnes. Ce qui signifie que certains ont un régime pauvre en protéines. Mais Solomon Gyan Ansah pense avoir une réponse à ce problème : développer un meilleur niébé.

Gyan, âgé de 39 ans est le cinquième d’une famille de six enfants; sa mère était enseignante dans une école primaire et son père était chargé de la supervision du cacao produit au Ghana pour améliorer sa qualité. Actuellement à mi parcours de sa carrière, il considère qu’il a une mission. Pour lui, les avancées dans le domaine agricole pourraient considérablement améliorer la vie des populations de son pays.

« Si vous parlez de sécurité alimentaire au Ghana, les prix de la viande et du poisson sont très élevés », a-t-il ajouté. « Les protéines du poisson et de la viande sont indispensables pour le corps, mais les protéines végétales peuvent également être très utiles. Si nous proposons ces protéines plus largement et que nous les mélangeons avec les céréales que nous produisons pour notre population, cela sera d’une grande aide ».

Solomon a étudié l’agronomie et a obtenu une maîtrise en sélection du maïs de l’université de sciences et de technologie de Kwame Nkrumah. Il a travaillé pour le service des cultures du ministère de l’agriculture. Il est depuis quelques années responsable des légumineux de base, inspectant les cultures, menant des recherches et faisant des présentations aux comités qui supervisent la production de légumineux au Ghana.

Une grande partie de son travail l’amène à l’extérieur sur le terrain, où il peut parler aux exploitants agricoles et prendre connaissance de leurs problèmes. Au cours des cinq ou dix dernières années, les paysans du nord, notamment de la région la plus à l’ouest de Builsa, ont été très durement touchés par la cercosporiose qui a considérablement diminué les rendements du niébé qui sont tombés à environ 0,7 tonnes par hectares. Ceci a réduit la production de niébé de près de moitié par rapport aux années précédentes.

« J’aimerais que ce projet me donne des outils de sélection de plantes conventionnels et moléculaires pour accroître les rendements », dit-il. « Je souhaiterais m’attacher à trouver un niébé à fort rendement qui soit également résistant aux nuisibles et aux maladies ».

Pour Solomon, cela peut engendrer une satisfaction immense – pour chacun au Ghana et peut-être au-delà. « J’ai compris que j’aimerais apporter ma contribution. Que puis-je faire pour mon pays ? C’est à cela que je pense, c’est le défi que je me suis fixé ».



Some Koussao (Burkina Faso)
Un grand nombre d’agronomes dédient une bonne partie de leur carrière à l’étude d’une culture. Some Koussao a déjà fait une étude approfondie des caractéristiques de trois d’entre elles – l’oignon, la tomate et l’okra – et tient à en apprendre plus sur une quatrième, la patate douce.

Some, un exploitant agricole du Burkina Faso est âgé de 40 ans et père de deux enfants, et espère que sa recherche de doctorat sponsorisée par l’AGRA à l’université du Ghana à Legon lui permettra de découvrir les secrets de la patate douce afin de développer d’autres variétés de cette culture dans des régions où les précipitations sont plus faibles.

Some est chercheur à l’Institut de l’environnement et des recherches agricoles (INERA) depuis 1999, qui est situé dans la capitale Ouagadougou et est un des quatre instituts de recherche du Centre national de science et de technologie. Il a également été professeur de sciences naturelles pendant deux ans et demi.

Il est originaire du sud ouest du Burkina Faso, et est le quatrième enfant d’un père de 14 enfants qu’il a eus avec trois femmes. Ses parents cultivaient diverses variétés de cultures dans leur exploitation agricole : sorgho, millet, maïs, igname, arachide, soja, et coton. Le coton était leur culture de rente. Ils consommaient tout le reste.

« Je suis un fils de l’agriculture » dit Some. « J’aidais toujours mon père dans les champs ».

Some, qui vit avec sa femme et ses enfants à Ouagadougou (qui se prononce waga-doo-goo), a travaillé dans plusieurs départements à l’INERA. Son domaine de spécialité porte sur les effets des divers types d’engrais sur les cultures.

Il a commencé à s’intéresser aux patates douces après avoir discuté avec des paysans et les avoir entendus se plaindre fréquemment de faibles rendements.

Il a appris que le Burkina Faso, n’a pas un seul chercheur spécialisé dans les plantes tubéreuses. Il sera le premier lorsqu’il aura son doctorat.

« Ces cinq dernières années, j’ai beaucoup parlé aux paysans. Ils ne sont pas aidés » dit-il. « Chaque année, nous organisons une cérémonie pour les exploitants cultivant des patates douces, et chaque année nous entendons dire que le manque de variétés est un problème. Les paysans disent « nous voulons cultiver une bonne patate douce, mais nous utilisons la même variété que nos ancêtres ».

Il espère actuellement développer de nouvelles variétés qui pourraient pousser dans le sud et le centre du Burkina Faso, où les précipitations sont plus faibles que dans d’autres régions du pays. « Je connais le problème de la patate douce » dit-il. « J’espère maintenant trouver la solution ».



Ndubuisi Damian Njoku (Nigeria)
Au début, la mère de Ndubuisi Damian Njoku ne comprenait pas pourquoi son fils s’embêtait à étudier l’agriculture à l’université. Elle avait toujours espéré qu’il deviendrait médecin.

Mas lorsque Ndubuisi, qui a grandi dans le sud est du Nigeria, a commencé à expliquer comment il pouvait continuer à améliorer le bien-être des populations en leur donnant plus facilement accès à des denrées alimentaires nutritives, elle changea de point de vue.

« Actuellement, elle comprend l’utilité de mes recherches », dit Ndubuisi en parlant de sa mère qui cultive du manioc, des patates douces, du taro, et des légumes dans son exploitation ». « Elle est heureuse que je m’oriente dans de nouvelles directions pour aider l’humanité ». Il est le quatrième d’une famille de huit enfants. Son père, un commerçant, est décédé il y a deux ans.

Ndubuisi a 34 ans et est marié; il a obtenu sa maîtrise en physiologie des cultures à l’université d’agriculture Michael Okpara à Umudike. Il a travaillé cinq ans comme jeune chercheur sur le programme manioc du National Roots Crops Research Institute (NRCRI), à Umudike, dans l’état d’Abia.

Il a également travaillé sur l’amélioration génétique des cultures racines et des tubercules – en utilisant à la fois les approches conventionnelles et moléculaires – pour développer des variétés plus résistantes à la sécheresse. Dans le cadre de ses études sponsorisées par l’AGRA à l’université du Ghana à Legon, il va s’intéresser de plus près à une de ces cultures, le manioc.

« Je veux voir si je peux cultiver des variétés de manioc qui se comportent bien dans des régions de faibles précipitations au Nigeria, dit-il. « Au Nigeria, nous avons des terres agricoles non utilisées en abondance, mais ces terres sont en majorité situées dans la région semi arides du nord ».

Il considère que ces projets sont naturels pour le Nigeria – le pays le plus peuplé d’Afrique, qui a une industrie agricole qui n’a pas su évoluer dans le sens de cette croissance.

« Nous devons nourrir la population », dit-il. « Nous devons travailler dur pour nourrir les autres. Je vois cela comme ma contribution personnelle à la construction de la nation Nigeria ».

 

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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)
L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour améliorer la productivité agricole et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés et l’enseignement agricole.

Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Le Président de l’AGRA est le Dr. A. Namanga Ngongi, ancien directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations Unies. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana. Pour de plus amples informations, allez sur

Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.