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Alliance for a Green Revolution in Africa

L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) annonce des partenariats Ougandais pour ameliorer la production de haricots, de niébé, et de maïs des petits exploitants

Des haricots résistants à la maladie améliorent déjà les revenus des paysans

Kampala, Ouganda (5 mars 2008) — L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a annoncé ce jour plusieurs nouveaux programmes qui seront menés avec la National Agricultural Research Organization (Organisation nationale de recherche agricole) et des entreprises semencières privées en Ouganda.

Cette annonce a été faite immédiatement après la réunion du Conseil de l’AGRA présidé par M. Kofi A. Annan, ancien Secrétaire Général des Nations unies.

« Nous sommes reconnaissants envers le gouvernement et le peuple d’Ouganda pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé », a déclaré M. Annan. « Nous espérons établir de solides partenariats pour améliorer la productivité et les revenus des petits exploitants agricoles ».

Le travail de l’AGRA en Ouganda consiste à développer et à promouvoir des variétés améliorées pour un certain nombre de cultures importantes, notamment le haricot, le niébé et le maïs qui sont frappés par un certain nombre de maladies des plantes et qui sont néanmoins essentiels sur le plan de la nutrition et de la sécurité alimentaire. Les nouveaux programmes profiteront essentiellement aux petits exploitants agricoles en Ouganda, majoritairement des femmes.

« Les semences auxquelles les petits exploitants en Ouganda ont accès sont essentiellement des semences à faible rendement et vulnérables aux maladies, acculant nombre de familles d’exploitants à la misère et à la faim », a déclaré le Dr. Namanga Ngongi, Président de l’AGRA. « Ces partenariats permettront aux chercheurs ougandais de travailler en étroite collaboration avec les exploitants agricoles pour résoudre ces problèmes en améliorant les variétés de cultures préférées des paysans ».

En Ouganda, 75 pour cent de la population active travaille dans l’agriculture, et de faibles rendements signifient qu’un quart des enfants de moins de cinq ans souffre de malnutrition. Le taux de croissance agricole qui ne représente que 0,4 pour cent (2005/2006) est très inférieur au taux de croissance annuel de la population qui est supérieur à 3,4 pour cent -- cette tendance si elle devait se poursuivre, ne ferait qu’aggraver les problèmes alimentaires.

« Notre partenariat avec l’AGRA s’intéresse directement aux besoins des paysans », a déclaré le Dr. Dennis Kyetere, Directeur Général de la National Agricultural Research Organization (NARO), qui collabore aux projets sur le haricot, le niébé et le maïs. « Il se fonde sur nos efforts pour améliorer la durabilité et la rentabilité des petites exploitations et pour concrétiser le potentiel immense de l’agriculture ougandaise ».

Pour le Dr. Kyetere, le partenariat entre l’AGRA et la NARO améliore également la sélection du riz, du manioc et des bananes, qui sont aussi essentiels à la sécurité alimentaire et pour générer des revenus. « Tout aussi important, ces programmes améliorent les capacités nationales de sélection des plantes » a-t-il ajouté.

L’AGRA est une organisation basée sur des partenariats, qui œuvre à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Elle propose des solutions pratiques pour accroître la productivité agricole et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA se penche sur les changements nécessaires à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés, la politique et l’enseignement agricoles.

Les programmes sont le produit du travail précédent financé par la NARO et par la Fondation Rockefeller qui a déjà mis à la disposition des paysans un certain nombre de variétés améliorées. Pour chaque culture, les travaux ont d’abord consisté à rassembler et à protéger les diverses variétés locales des exploitants agricoles, incluant 120 variétés de haricots et des douzaines de variétés de niébé, et la NARO a constitué une collection de semences de maïs de hautes terres.

Les paysans apprécient nombre de ces variétés pour leurs qualités uniques, leur couleur, leur taille, leur goût et leur aptitude à la cuisson. Par exemple, dans certaines régions, les exploitants agricoles apprécient les haricots larges de couleur rouge irrégulière, et le Kanyebwa, le plus ancien haricot nain pousse en exigeant très peu de travail. Le haricot grimpant le plus prisé cuit rapidement. Ceci participe à la conservation de l’environnement en réduisant l’utilisation de bois à brûler qui représente 90 pour cent de l’énergie en Ouganda.

Mais presque toutes ces variétés paysannes ou « espèces primitives », ont de faibles rendements et sont vulnérables aux maladies. Et comme les paysans réutilisent les semences d’une année sur l’autre, nombre de germes qui infestent les semences et sont à l’origine de maladies passent à la récolte de l’année suivante.

« Le défi pour les sélectionneurs de cultures consiste à identifier les rares variétés qui résistent aux maladies et à les combiner aux variétés qui conservent d’autres qualités que les paysans apprécient, a indiqué Annet Namayanja, un sélectionneur de semences du National Crops Resources Research Institute (NaCRRI) (Institut national de recherche sur les ressources de cultures). « Au final, les variétés obtenues sont résistantes aux maladies et robustes et se développeront grâce aux bons soins des paysans ».

Lutter contre la pauvreté avec des semences améliorées

Suivent ci-dessous des résumés succincts des nouveaux programmes qui utilisent tous diverses techniques de sélection conventionnelles.

Le Haricot : 310 000$ US pour deux programmes similaires. Les haricots considérés comme une culture de femmes, constituent une source de protéines à bon marché pour les personnes qui ne peuvent se permettre de consommer de la viande, du poisson ou de la volaille. Deux des principales maladies qui réduisent le rendement des haricots en Ouganda sont le pourridié des racines et l’anthracnose, un champignon qui pousse dans les régions de hautes terres fraîches et pluvieuses et qui peut détruire 70 pour cent de la culture. L’objectif du programme est de rendre les variétés les plus prisées de haricots résistantes à ces deux maladies.

Les chercheurs ont déjà identifié les sources de résistance à la maladie chez quatre variétés, dont deux sont des cultures primitives ougandaises. Ils les ont utilisées pour produire des variétés à grand rendement, le NABE 14 et le NABE 13, qui sont aujourd’hui cultivées par une poignée de paysans.

Une des participantes, Mme Tumwebaza Marble, exploitante agricole dans la région de Kabale, a déclaré que lorsqu’elle a vu le bon comportement des variétés dans son champ, elle a décidé de multiplier et de vendre les semences. Le revenu qu’elle en a tiré lui a permis de finir de payer une parcelle de terre et d’acquérir d’autres terres. Elle a acheté un toit en tôle, une porte en bois et des fenêtres pour son nouveau logement.

« Je n’obtenais pas de bons rendements avec les haricots à cause du pourridié des racines, mais aujourd’hui je peux obtenir de bons rendements, » dit Mme Marble. «Je peux obtenir jusqu’à 100 kg et même plus au cours d’une saison, ce que je ne pensais pas pouvoir obtenir avant ces nouvelles variétés ».

Pour capitaliser ces progrès, les sélectionneurs souhaitent développer d’autres variétés à haut rendement de haricots nains et de haricots grimpants, résistantes aux maladies et qui exigent une surface moins importante. Le programme vise à élaborer un programme de fourniture de semences durable en coopération avec les groupes de femmes, les jardins des écoles primaires et les projets communautaires de semences, ainsi qu’avec les entreprises semencières privées.

Le NaCRRI, le Programme national ougandais de recherche sur les haricots, le réseau de recherche d’Afrique Centrale et de l’Est sur les haricots et les entreprises semencières privées sont les principaux partenaires de ce programme.

Le niébé : 185000$US. Tout comme le haricot, le niébé apporte des protéines aux populations à faibles revenus des régions rurales et des villes qui ne peuvent s’offrir de la viande bovine, du poulet, du poisson ou des œufs. Ses feuilles vertes trompent la faim lors de la famine en début de saison, et cette culture résistante peut pousser sur des sols marginaux avec de faibles précipitations. Mais les trois grandes variétés cultivées par les paysans sont vulnérables aux maladies virales, notamment au virus de la mosaïque transmis par un puceron. Les paysans peuvent perdre l’ensemble de leurs cultures de niébé suite aux multiples infections virales.

54 variétés de niébé ont été étudiées et cinq se sont révélées résistantes au virus de la mosaïque. Le nouveau programme souhaite les utiliser pour sélectionner des variétés résistantes qui conservent les qualités les plus importantes pour les paysans, notamment la taille et les couleurs des semences qui se vendent le mieux, le bon goût et la précocité.

Le NaSARRI à Serere, Appropriate Technology-Uganda Limited, et les services consultatifs agricoles nationaux ainsi que plusieurs entreprises semencières sont les principaux partenaires de ce programme.

Le maïs : 215 000$US. Le maïs est une culture de base en Ouganda, produite essentiellement par de petits exploitants pauvres. Mais le virus de la bigarrure du maïs et deux maladies fongiques importantes font des ravages au niveau des rendements obtenus par les paysans. En outre, on manque de variétés convenant aux zones de hautes terres.

« Pour améliorer la sécurité alimentaire et promouvoir le maïs comme culture de rente, l’Ouganda a besoin de variétés résistantes aux trois maladies principales », a indiqué Godfrey Asea, qui dirige le programme de recherche sur les céréales à la NARO.

Actuellement, dans les zones de hautes terres en Ouganda, tout le maïs sur le marché est importé du Kenya et d’Afrique du Sud et n’est donc pas abordable pour les petits exploitants qui en sont réduits à faire pousser des cultivars locaux qui mûrissent lentement, sont vulnérables aux maladies, ont une tige de qualité médiocre, ce qui au total signifie de faibles rendements.

Le programme financera les efforts de sélection du maïs de Victoria Seeds, Ltd., une entreprise privée créée par une femme et basée à Kampala. Grace Abalo, sélectionneuse de plantes s’attelle à développer un maïs résistant au virus de la bigarrure du maïs et des variétés à haut rendement pour les régions de hautes terres.

« Le partenariat avec Victoria Seeds reflète notre détermination à atteindre les paysans de toutes les façons possibles », dit Ngongi. « Tous nos partenariats – que ce soit avec les agences de recherche publiques, des partenariats public privé ou des partenariats avec des entreprises privées – ont pour objectif d’aider les petits exploitants ».

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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)
L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour améliorer la productivité agricole et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés et l’enseignement agricole.

Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Le Président de l’AGRA est le Dr. A. Namanga Ngongi, ancien directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations Unies. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana. Pour de plus amples informations, allez sur

Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.