L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) promet 180 millions de dollars US pour revitaliser les sols appauvris des petits exploitants
Le programme de fertilité des sols prévoit une approche équilibrée, durable de la restauration de la fertilité des sols, car l’appauvrissement de la terre représente une menace importante pour la production alimentaire.
Nairobi, Kenya (25 janvier 2008) — Déterminée à revitaliser les sols fortement appauvris en Afrique subsaharienne en partie responsables de la pauvreté et de la faim, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a annoncé ce jour un programme de 180 millions de dollars US sur cinq ans pour restaurer la fertilité des sols en Afrique.
« Le Programme pour la fertilité des sols de l’AGRA insufflera une vie nouvelle aux sols, là où une perte rapide des nutriments ne permet plus de cultures sur les terres agricoles», dit le Dr. Namanga Ngongi, Président de l’AGRA. « Ceci permettra d’améliorer la durabilité des petites exploitations, d’accroître les revenus des paysans pauvres, pour la plupart des femmes, et de protéger la base des ressources naturelles du sol et l’eau ».

Le programme s’adresse à 4,1 millions d’exploitants et veut régénérer 6,3 millions d’hectares de terres agricoles à travers une approche équilibrée permettant une meilleure gestion des sols. Les premiers fonds du programme proviennent d’une subvention de 164,5 millions de dollars US de la Fondation Bill & Melinda Gates et des 15 millions de dollars US offerts par la Fondation Rockefeller.
« Les gouvernements africains montrent la voie pour trouver des solutions aux principaux défis alimentaires qui se posent au continent », dit Ngongi. « Leur plan, l’Africa Agriculture Development Program (CAADP) (le Programme de développement de l’agriculture en Afrique), fixe un objectif ambitieux de 6 pour cent de croissance annuelle pour l’agriculture. Pour réaliser cet objectif, il est essentiel de s’attaquer aux problèmes sérieux de fertilité des sols auxquels sont confrontés les exploitants africains ».
Améliorer la fertilité des sols constitue également un volet essentiel de l’engagement de l’AGRA à aider des millions de petits exploitants et leur famille à s’affranchir de la pauvreté en œuvrant à tous les niveaux de la chaîne de valeur agricole pour améliorer les rendements et les revenus. Le Programme pour la fertilité des sols s’inscrit dans une approche globale qui s’intéresse à des questions importantes comme les semences, l’eau, les marchés, l’enseignement et la politique agricoles.
Plus particulièrement, la régénération des sols viendra compléter le Programme Semences de l’AGRA et permettra aux petits exploitants d’utiliser pleinement de nouvelles variétés de cultures d’aliments de base africains à fort rendement.
« Actuellement, le rendement agricole représente le quart de la moyenne mondiale, et un tiers des africains souffre de faim chronique. Nous savons que l’utilisation de semences de qualité associée à la revitalisation des sols africains peut aider à inverser cette situation lamentable », dit Ngongi.
« Cette initiative de l’AGRA arrive en temps opportun et permettra une avancée considérable au niveau des efforts déployés par l’Afrique pour résoudre ses problèmes de fertilité des sols, dit le Dr. Richard Mkandawire, conseiller agricole auprès du NEPAD, le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique.
Approche équilibrée de la restauration de la fertilité des sols
Le Programme pour la fertilité des sols de l’AGRA encouragera l’adoption à grande échelle d’une Gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS). La stratégie GIFS implique de procéder à une évaluation locale des sols et des ressources en eau et de voir comment combiner les matières organiques, les engrais, les systèmes de culture des exploitants et les connaissances de l’exploitant pour adopter des approches de la revitalisation des sols hautement productives et durables sur le plan de l’environnement.
« Le Programme de fertilité des sols a été créé non seulement pour améliorer le rendement et les revenus des petits exploitants, mais également pour utiliser les sols dans un souci de conservation de l’environnement », dit le Dr. Akin Adesina, Vice Président de la Politique et des Partenariats de l’AGRA.
Les méthodes adoptées par les exploitants varieront en fonction des besoins nutritionnels de leurs cultures et des carences de leurs sols. Dans certains cas par exemple, la fertilité des sols doit être améliorée en utilisant des matières organiques dérivées des résidus des cultures, de la fumure ou en pratiquant la rotation avec des légumineuses pour accroître la teneur en azote du sol. Dans d’autres cas, restaurer des sols fortement appauvris peut demander l’application d’engrais préparés avec soin, et souvent utilisés en association avec des matières organiques.
« Le paysage agro-écologique de l’Afrique est divers et les pratiques agricoles varient considérablement selon les régions. Il ne peut y avoir de solution unique. Nous allons œuvrer avec les paysans et les chercheurs pour des interventions en faveur de la fertilité des sols qui seront adaptées aux conditions locales », dit Adesina.
L’AGRA s’intéresse particulièrement aux agricultrices qui constituent la grande majorité des petits exploitants en Afrique et qui de ce fait ont une grande connaissance du comportement des diverses cultures dans les sols locaux.
Dans le cadre de la Gestion intégrée de la fertilité des sols, le Programme pour la fertilité des sols de l’AGRA vise également à améliorer l’accès des agriculteurs à des engrais appropriés et abordables, ainsi qu’aux connaissances nécessaires pour les utiliser efficacement et sans danger pour l’environnement.
Actuellement, les engrais en Afrique sont beaucoup plus chers que la moyenne mondiale et sont rarement accessibles aux paysans des régions éloignées. De ce fait, les paysans africains n’utilisent qu’un dixième de la moyenne mondiale d’engrais. En 2006, le problème a amené les dirigeants africains à organiser le Sommet africain sur les engrais. Celui-ci a exprimé son appui aux efforts déployés pour améliorer l’accès des petits exploitants aux engrais en encourageant la production d’engrais adaptés aux conditions locales ; en créant des mécanismes financiers pour l’achat d’engrais, et en éliminant les taxes et les droits de douane sur les engrais.
Maintenir la fertilité des sols est un défi permanent pour les exploitants africains. L’Afrique est le plus vieux continent et ses sols anciens ont été soumis à l’érosion pendant des millénaires. Au cours des dernières décennies, une surexploitation de la terre a accéléré l’appauvrissement de cette ressource naturelle vitale. Une culture continue sur les terres sans reconstituer les nutriments du sol utilisés par les cultures, a vidé le sol de ses nutriments. En outre, les sols dégradés sont soumis à l’érosion et incapables de retenir l’eau si précieuse. La perte de matières organiques qui constituent la structure des sols s’est accompagnée d’une perte de nutriments. Et, avec l’appauvrissement croissant des sols, les agriculteurs seront plus enclins à défricher les forêts et la savane, en quête de terres arables.
«L’objectif de l’AGRA de permettre aux petits exploitants de produire plus sur moins de terres comporte de multiples avantages sociaux, économiques et environnementaux. Il peut réduire la pression pour défricher de nouvelles terres pour l’agriculture, ce qui à son tour peut aider à enrayer la déforestation, à conserver la biodiversité et à encourager une meilleure gestion de la richesse naturelle de l’Afrique et des atouts que lui offre la nature », dit M. Achim Steiner, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, un partenaire de l’AGRA dans le cadre du Programme pour la fertilité des sols.
Outre le travail direct pour restaurer la fertilité des sols, le Programme pour la fertilité des sols de l’AGRA encourage l’élaboration de politiques en faveur de la fertilité des sols et qui protègent les ressources naturelles dont l’Afrique est dotée. Le Programme œuvre pour renforcer les capacités des institutions africaines à améliorer l’information, l’éducation et la formation proposées aux exploitants, aux vulgarisateurs, aux étudiants et aux chercheurs pour toute une série de questions liées à la fertilité des sols.
Ngongi indique que pour que le Programme fonctionne aussi efficacement que possible, l’AGRA assurera un suivi des impacts, notamment des impacts économiques et environnementaux, et consultera régulièrement ses partenaires au sein des gouvernements, les organisations régionales (comme le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique ou NEPAD), les agences environnementales, les organisations de la société civile, les exploitants et les organisations paysannes.
« Ce programme nous redonne espoir, car des sols plus fertiles et de meilleures semences nous permettront d’améliorer nos rendements et donc de nous nourrir et d’utiliser l’excédent pour accroître nos revenus et bénéficier de meilleures conditions de vie. Nous nous félicitons de cette initiative de l’AGRA », dit Philip Kiriro, un exploitant kenyan.
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A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)
L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent africain pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés, l’enseignement et la politique agricoles.
Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Le Dr A. Namanga Ngongi, ancien Directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations Unies est Président de l’AGRA. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana.
Pour de plus amples informations, vous pouvez aller sur www.agra-alliance.org.
