Un partenariat public-privé ouvre la porte du financement pour libérer le potentiel de l’agriculture africaine alors que la crise financière maintient un verrou sur le crédit mondial
Dans un pari osé pour catalyser la croissance, l’AGRA et la Standard Bank annoncent une somme de 100 millions de dollars en prêts à bon marché pour les chaînes de valeurs agricoles du Ghana, du Mozambique, de l’Ouganda et de la Tanzanie.
ACCRA, GHANA (18 Mars 2009)— La Standard Bank, la plus importante banque d’Afrique, s’est associée à l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) pour créer un fonds innovateur pour les petits fermiers d’Afrique. Le fonds sera en opération au Ghana, au Mozambique, en Tanzanie et en Ouganda, ouvrant des opportunités de prêt aux fermiers et aux entreprises agricoles de petite et moyenne taille, auparavant considérés comme trop risqués pour des prêts. L’AGRA et d’autres partenaires offrent un fonds de garantie de prêt de 10 millions de dollars et, en retour, la Standard Bank rend 100 millions de dollars disponible aux emprunteurs sur 3 ans.
Un mémorandum d’entente régissant le partenariat a été signé aujourd’hui à Accra au Ghana par M. Jacko Maree, Président Directeur Général du Groupe Standard Bank, par le Dr Namanga Ngongi, Président de l’AGRA et par Son Excellence Soares Nhaca, Ministre de l’Agriculture du Mozambique. Ce dernier est également membre du Conseil du Millenium Challenge Account Mozambique qui est le premier pays partenaire du programme. L’Autorité de Développement pour le Millenium (MiDA) du Ghana, dont le Conseil s’est récemment formé sous le nouveau gouvernement, rejoint également le partenariat.
Lors de la cérémonie de signature, Kofi Annan a déclaré : « Notre action d’aujourd’hui prend en compte le fait que la crise alimentaire mondiale provoque des problèmes importants en Afrique. L’inflation, le manque d’aliments et les déséquilibres commerciaux posent tous d’énormes risques sociaux, économiques et politiques. Mais si le crédit est gelé au niveau mondial, l’Afrique ne peut pas attendre son dégel. Les programmes comme celui-ci, qui améliorent la productivité des petites fermes et aident à catalyser une Révolution Verte Africaine, vont permettre à l’Afrique d’atteindre à terme la sécurité alimentaire et la stabilité, améliorant ainsi toutes les perspectives mondiales »
Le manque d’accès au financement est un obstacle majeur qui empêche les fermiers d’investir dans des intrants de base, comme de bonnes semences, des engrais et une irrigation à petite échelle nécessaires pour augmenter la productivité de leur ferme et générer un profit. En conséquence, leurs rendements restent à un quart de la moyenne mondiale, conduisant famine et pauvreté à se répandre dans toute l’Afrique. De la même façon, les entrepreneurs n’ont eu que peu ou pas de financement à leur disposition pour établir des entreprises capables d’améliorer la production alimentaire en Afrique et permettre aux fermiers de générer un profit.
« La grande part de l’agriculture dans le PIB de l’Afrique indique qu’une forte croissance de l’agriculture est nécessaire à une croissance économique globale. Il existe un besoin et une opportunité d’investissement pour développer le terrain médian de l’agriculture africaine. L’Afrique a un énorme potentiel naturel et le continent doit débloquer ce potentiel pour récolter les bénéfices de nos ressources naturelles ».
« En tant que banque majeure des marchés émergents, notre objectif est de jouer un rôle de transformation dans le secteur agricole du continent en partenariat avec d’autres organisations. La transformation des fermes de petite taille en entreprises de taille moyenne est essentielle pour répondre aux questions de sécurité alimentaire et pour stimuler la croissance économique » a souligné Jacko Maree, de la Standard Bank.
Dans l’ensemble de l’Afrique sub-saharienne, le secteur agricole génère un pourcentage significatif des revenus au niveau national ; il ne reçoit que 1% des prêts commerciaux. Par ailleurs, la majorité de cet argent est allé vers l’agriculture à large échelle, ne laissant aux petits fermiers que les quelques pièces qu’ils ont dans leurs poches pour investir dans leurs fermes.
« Au Mozambique, 45% de la population est sous-alimentée et peu de nos petits fermiers ont accès à des semences à haut rendement ou des engrais » indique Soares Nhaca. « Le besoin est désormais très urgent maintenant pour s’assurer que les fermiers ont accès aux intrants pour la saison des semailles »
Le partenariat vise à bénéficier à l’agriculture de petite échelle
La plupart des producteurs alimentaires africains sont des petits fermiers qui cultivent de minuscules terrains. Travaillant avec des semences à faible rendement sur des sols appauvris, la productivité de leurs récoltes stagne depuis 30 ans. Pour améliorer de façon durable le rendement et commencer à générer un surplus, ils ont besoin d’avoir accès à de bonnes semences, des engrais adaptés, des systèmes améliorés de gestion des terres et de l’eau et d’améliorer leur accès au marché. Pour initier ces changements, ils ont cependant également besoin d’avoir accès au financement.
Les institutions financières africaines ont, de façon caractéristique, évité de prêter aux petits fermiers et au secteur agricole pour de nombreuses raisons, y compris une perception de risque élevé par les banques, le manque de garanties acceptables, les coûts élevés associés au service à des clients isolés et des risques corrélés comme des précipitations imprévisibles, le manque d’irrigation, les nuisibles et les maladies et la volatilité des prix.
« Ce programme de prêt annoncé aujourd’hui combine le pouvoir des partenariats avec un mécanisme de financement innovant conçu par l’AGRA et ses partenaires pour atténuer les risques auxquels les banques commerciales font face lorsqu’elles prêtent au secteur agricole en Afrique, qui est dominé par des femmes agricultrices » a appuyé Kofi Annan. « Alors que les dirigeants du monde répondent à la crise financière mondiale par des mesures de sauvetage, nous devons reconnaître le pouvoir des innovations financières locales pour générer un changement à la base ».
Le nouveau programme de prêt s’appuie sur des travaux précédents de la Fondation Rockefeller en Ouganda qui ont aidé à garantir des prêts à des petits fermiers et qui, 5 ans plus tard, ont conduit à un défaut de crédit de moins de 2%. Les programmes de financement innovants de l’AGRA ont permis jusqu’ici de garantir 50 millions de dollars en financement de petits fermiers ou de chaînes agricoles par des banques commerciales au Kenya et en Tanzanie. Le partenariat AGRA-Standard Bank de 100 millions de dollars annoncé aujourd’hui créera la plus large facilité individuelle de financement de l’agriculture par une banque en Afrique – une étape décisive pour la confiance dans les capacités et la volonté d’entreprendre des fermiers africains.
« C’est un jour mémorable pour l’agriculture africaine » s’est exclamé Namanga Ngongi, Président de l’AGRA.
Les pays participant au programme vont commencer à traiter les demandes de prêts des fermiers et des groupements de fermiers, des semenciers, des commerces ruraux d’intrants agricoles, des entreprises de stockage des récoltes, des entreprises de transformation de produits agricoles et d’autres entreprises qui, ensemble, sont nécessaires pour augmenter la production des petites fermes et pour construire un système de production alimentaire robuste. L’accord inclut des clauses conçues pour maximiser les opportunités de succès pour les fermiers et les entreprises de petite taille, y compris un soutien technique et de développement commercial, un contrôle de qualité des végétaux produits et un soutien pour les demandes de crédit.
