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Growing Africa's Agriculture

Le manioc pourrait aider les pays pauvres à vaincre les crises alimentaires et énergétiques

Les scientifiques appellent à l’augmentation du financement de la recherche et développement pour augmenter les rendements et développer des applications industrielles, y compris du biocarburant.

25 juillet 2008, Gand, Belgique – Plus de 300 scientifiques du monde entier appellent à une augmentation sensible de l’investissement en recherche et développement sur le manioc, une racine cultivée sous les tropiques, afin d’aider à protéger la sécurité alimentaire et énergétique des pays pauvres actuellement menacés par la hausse galopante des prix des aliments et de l’essence. Lors d’une conférence mondiale tenue à Gand, en Belgique, les scientifiques ont indiqué que cet investissement est nécessaire pour améliorer les rendements agricoles et développer des usages industriels intéressants pour le manioc, y compris la production de biocarburant mais en maintenant la priorité à la production d’aliments pour la population.

Les scientifiques, qui ont formé un réseau international de 1500 membres appelé le Partenariat Mondial pour le Manioc, ont expliqué que la communauté internationale ne pouvait plus continuer à ignorer la situation difficile des pays tropicaux à bas revenus, qui ont été touchés le plus durement par l’augmentation du prix du pétrole et l’inflation galopante du prix de la nourriture.

Largement cultivé dans les zones tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, le manioc est déjà au quatrième rang des plantes cultivées dans les pays en voie de développement et représente une base de nourriture pour près de 1 milliards de personnes dans 105 pays où la racine fournit jusqu’à un tiers des calories quotidiennes. Il a également un potentiel énorme – à l’heure actuelle, les rendements moyens du manioc n’atteignent même pas 20% de ce qui peut être obtenu dans des conditions optimales.

Le manioc est également la source la moins chère d’amidon connue à l’heure actuelle, utilisée pour obtenir plus de 300 produits industriels, y compris de l’éthanol qui pourrait être utilisé comme biocarburant.

Pourtant, malgré une demande croissante et ce formidable potentiel de production, le manioc demeure une « culture orpheline ». Il est cultivé principalement dans des régions qui n’ont que peu ou pas accès à des variétés génétiquement améliorées, aux engrais ou à d’autres intrants de production, par des petits fermiers bien souvent coupés des canaux commerciaux et des industries de transformation agro-industrielles. Les gouvernements n’ont pas encore réalisés les investissements nécessaires pour la recherche de valeur ajoutée qui permettrait aux produits d’amidon de manioc d’être compétitifs à l’échelle internationale.

La réunion de Gand était la première conférence scientifique internationale du Partenariat Mondial pour le Manioc, un consortium formé sous l’égide de la Stratégie Mondiale de Développement du Manioc par :

  • La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture)
  • L’IFAD (Fonds International pour le Développement de l’Agriculture)
  • Le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique)
  • Le CIAT (Centre International pour l’Agriculture Tropicale)
  • L’IITA (Institut International pour l’Agriculture Tropicale)
  • Le Centre des Sciences du Végétal Donald Danforth-ILTAB (Laboratoire International des Biotechnologies Tropicales)
  • Le Centre Nord-Sud du l’ETH Zurich (Institut de Technologie de Suisse Fédérale)
  • L’Université de Gand - IPBO (Institut de Biotechnologies pour les Pays en Voie de Développement)
  • L’AATF (Fondation pour les Technologies Agricoles Africaines)
  • L’AGRA (Alliance pour une Révolution Verte en Afrique)
  • La CATAS (Académie Chinoises des Sciences Agricoles Tropicales)
  • Le CTCRI (Institut Central de Recherche sur les Cultures des Tubercules),
  • L’EMBRAPA (Corporation de Recherche Agricole Brésilienne)
  • L’IAEA/FAO (Agence Internationale de l’Energie Atomique ),
  • La NARO (Organisation Nationale pour la Recherche Agricole),
  • Le NRI (Institut des Ressources Naturelles),
  • Les NARS (Systèmes de Recherche Agricole Nationale),
  • Des ONG (Organisations Non Gouvernementales),
  • Les CRS (Services d’Aide Catholiques),
  • L’ASARECA (Association pour le Renforcement de la Recherche Agricole en Afrique Centrale et de l’Est)
  • Le CORAF (Conseil d’Afrique Centrale et de l’Ouest pour le Développement et la Recherche Agricoles).


En plus des contributions majeures des institutions ci-dessus, un soutien financier et une participation active ont également été apportés par la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Rockefeller, la Fondation Syngeta, le Trust Kirkhouse, la Fondation Eiselen, L’Union Européenne (CTA), le gouvernement flamand (VLIR), la Coopération Belge pour le Développement, l’Agence Suisse pour le Développement et la Coopération et plusieurs partenaires privés comme les sociétés Monsanto, National Starch et Cargill.

Les participants ont établi un bilan de la production de manioc à l’échelle mondiale et évalué ses perspectives futures. Ils se sont mis d’accord sur un certain nombre de projets nouveaux qui seront immédiatement proposés à la communauté des donateurs et sur un ensemble d’investissements nécessaires pour permettre au manioc d’atteindre son potentiel maximal en réponse à la crise mondiale alimentaire et énergétique.

Ils incluent l’établissement d’un système de chaîne logistique du manioc afin de canaliser les avancées technologiques vers les fermiers pauvres (« de la semence au champ au marché »), des améliorations de la fertilité des sols grâce à une meilleure gestion et une utilisation accrue d’intrants, des améliorations dans la connaissance scientifique fondamentale du manioc, y compris génomique, l’expansion des parts de marché du manioc par le développement de produits post-récolte et le renforcement de l’accès au marché, et la formation de la prochaine génération de chercheurs spécialistes du manioc dans les pays en voie de développement.

Au cours des mois à venir, les membres du Partenariat Mondial pour le Manioc dissémineront leurs découvertes et leurs initiatives, collecteront les réponses des acteurs impliqués dans la chaîne du manioc et travailleront à transformer des idées en actions.

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A propos de l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique

L’AGRA est un partenariat dynamique travaillant à travers tout le continent africain pour aider des millions de petits fermiers et leurs familles à s’extraire eux-mêmes de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’Alliance développent des solutions pratiques pour véritablement augmenter la productivité et les revenus des fermes tout en protégeant l’environnement. L’AGRA défend des politiques qui soutiennent son travail sur tous les aspects essentiels de la chaîne de valeur de l’agriculture africaine — depuis les semences, la santé des sols et l’eau jusqu’à la commercialisation, l’enseignement agricole.

Le Conseil de l’AGRA est présidé par Kofi A. Annan, ancien Secrétaire Général des Nations Unies. Le Président de l’AGRA est le Dr A. Namanga Ngongi, ancien Directeur Général Adjoint du Programme Mondial pour l’Alimentation des Nations Unies. L’AGRA travaille avec le soutien de la Fondation Rockefeller, de la Fondation Bill et Melinda Gates, du Département pour le Développement International (DFID) du Royaume Uni et d’autres donateurs. L’AGRA possède des bureaux à Nairobi, au Kenya, ainsi qu’à Accra, au Ghana.
Pour plus d’informations, allez sur le site www.agra-alliance.org.