300.000 paysans aux ressources limitées à la lisière du désert en Afrique de l’ouest sur le point de bénéficier du microdosage des engrais
La gestion durable du sol, l’accès amélioré au marché et les distributeurs d’intrants villageois considérés comme des agents clés dans l’amélioration de la sécurité alimentaire au Burkina Faso, au Mali et au Niger
Ouagadougou, Burkina Faso (1er décembre 2009) – Les paysans des régions arides de l’Afrique de l’ouest ont, pendant longtemps, lutté contre le climat rigoureux et les sols appauvris. A présent un programme de 8,9 millions de dollars financé par l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) et exécutés à travers des partenariats dans trois pays permettra à 300.000 ménages de paysans de relever ces défis.
A travers le programme précité, les paysans se serviront des quantités ciblées et infimes d’engrais pour accroître la productivité agricole, en association avec les organisations renforcées de paysans, et par l’accès amélioré au crédit et aux boutiques de distributeurs d’intrants. Le programme vise à booster de façon durable le rendement céréalier des paysans de 50% et leur revenu de 30%.
“Les terres arides ne doivent pas être des terres stériles,” a affirmé Dr Namanga Ngongi, Président de l’AGRA. “Grâce au microdosage, nous avons vu comment nous pouvons renforcer les sols des paysans et dans le même temps consolider leurs revenus. Ce nouveau partenariat accroîtra substantiellement le microdosage et les efforts qui l’accompagnent. Au lieu d’atteindre des milliers de paysans, ce sont des centaines de milliers d’entre eux qui seront couverts.”
Le projet s’inspire des résultats de plusieurs années de recherche menée par l’Institut de recherche international agricole pour les tropiques semi-arides (ICRISAT) et les Systèmes nationaux de recherche agricole (NARS) sur l’utilisation de quantités réduites d’engrais sur les plantes telles que le millet, le sorgho et le dolique – des aliments de base cultivés par les paysans à faible revenu en Afrique de l’ouest.
Le microdosage, c’est l’application en petites quantités d’engrais avec les semences au lieu de l’épandage sur toute la superficie d’un champ. Il revient moins cher et donne aux plantes une pousse rapide en boostant leur croissance racinaire, ce qui permet à la plante de capter de petites quantités d’eau qui tombent sur les terres arides de l’Afrique de l’ouest.
“La microdose and les autres techniques holistiques de gestion des terres ont été développées and posant de nouvelles questions, a dit Dr André Bationo, AGRA’, le Directeur du Bureau Afrique de l’Ouest de AGRA et chercheur en sols qui a été un pionnier dans le développement de cette technique pendant de nombreuses années. Au lieu de demander ‘quelle quantité d’engrais le paysan a besoin pour un rendement maximum ?’ nous avons demandé ‘Comment et quand une quantité réduite et raisonnable d’engrais doit être utilisée de manière effective ?’ Cette différence reflète l’approche d’AGRA dans sa Révolution Verte en Afrique.
“Notre nouveau partenariat montre un exemple majeur des bénéfices immenses qui peuvent être réalisés à partir des investissements à long terme faits dans la recherche” a dit Dr Farid Waliyar, Directeur Afrique de l’Ouest et du Centre, ICRISAT. “Cela permettra à la région d’améliorer sa production alimentaire, and de mieux prendre en charge les sécheresses fréquentes fruit du changement du climat”
L’AGRA, l’ICRISAT et les Systèmes nationaux de recherche agricole du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont lancé le programme. Pr.Joseph PARE, le Ministre de l’Education et de la recherche scientifique du Burkina Faso, a accueilli des douzaines d’officiels, de chercheurs et des représentants des services de vulgarisation et des ONG des trois pays lors d’un atelier de mise en œuvre. Les participants ont passé en revue les activités menées au cours de la moisson 2009 dans les champs des paysans. Ils ont appris que certains paysans ont enregistré des gains de productivité s’élevant jusqu’à 130% par l’utilisation combinée du microdosage et d’autres techniques de gestion durable du sol telles que la rotation des cultures en se servant des légumes fixateurs de l’azote.
Pour veiller à ce que les paysans produisent plus de vivres et se fassent plus d’argent, le programme contribuera à établir la liaison entre les paysans et les marchés. Il appuiera la formation des groupements de crédit des paysans également connus sous le terme “warrantage” Le système permet aux paysans de mettre en commun et de stocker leurs récoltes et de faire des prêts à faible taux d’intérêt contre ce nantissement combiné. Les paysans peuvent utiliser les prêts pour investir dans leurs exploitations agricoles ou d’autres activités rémunératrices. Lorsque les prix augmentent, ils peuvent vendre leurs produits, rembourser leurs prêts et générer des profits appréciables.
D’autres aspects du programme comprennent l’appui à l’extension du microcrédit aux distributeurs d’intrants villageois qui peuvent achalander leurs rayons de petits paquets d’engrais et des semences améliorées nécessaires aux paysans.
“Afin d’accroître substantiellement les rendements et les revenus des paysans, nous avons besoin des transformations exhaustives dans tout le système agricole,” a déclaré Dr Bashir Jama, Directeur du Programme de la Santé du Sol à l’AGRA. “Le programme que nous lançons ce jour vise à promouvoir une révolution verte durable au plan environnemental et en faveur des pauvres sur toutes les terres arides de l’Afrique.”