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Alliance for a Green Revolution in Africa

À propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique

Menée par des Africains, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’Alliance proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité et les revenus des petites exploitations tout en protégeant l’environnement et la biodiversité. Pour réaliser cet objectif, les partenariats de l’Alliance s’intéressent aux aspects importants de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi qu’aux marchés, à l’enseignement et à la politique agricoles.

L’Afrique a la singulière et tragique particularité d'être la seule région du monde où la sécurité alimentaire et le niveau de vie se détériorent globalement. Au cours des quinze dernières années, le nombre d’Africains vivant au-dessous du seuil de pauvreté (1 dollar par jour) a augmenté de 50 %, et on estime qu’un tiers de la population du continent souffre de la faim. Au cours des cinq dernières années seulement, le nombre d’enfants en insuffisance pondérale a augmenté d’environ 12 % en Afrique.

L’une des causes majeures de cette pauvreté enracinée de plus en plus profondément est l’incapacité de millions de petits exploitants – en majorité, des femmes travaillant sur des exploitations de moins d’un hectare – à produire suffisamment de denrées alimentaires pour nourrir leur famille, leur communauté ou leur pays.

Les Défis et les Opportunités

Les défis auxquels sont confrontés les petits exploitants africains – pour la plupart des femmes – commencent dans les champs et se poursuivent tout au long de la chaîne de valeur agricole. La plupart des exploitants africains n’ont pas accès aux fournitures agricoles de base et ne disposent pas de moyens financiers pour les acquérir. Les semences de qualité, les engrais minéraux et organiques pour restaurer les sols appauvris ou encore les systèmes simples de gestion de l’eau pour utiliser au mieux les pluies irrégulières sont tous hors de leur portée. Les bonnes routes sont rares. Les systèmes de commercialisation, de vulgarisation et de financement solides sont absents. Les petits exploitants ont besoin de l’appui de politiques gouvernementales qui encouragent une agriculture africaine durable et productive et leur assurent un accès aux marchés.

Depuis le début des années 1960, l’Afrique est passée d’une situation d’exportateur net de produits alimentaires à celle d’importateur net. La production alimentaire par habitant enregistre une baisse, avec une croissance annuelle de la population de 3 %, supérieure aux 2 % d’augmentation de la production alimentaire. En face de cela, jusqu’à très récemment, le soutien gouvernemental et international au développement agricole avait diminué.

Ces défis ont amené les dirigeants africains à appeler à une révolution agricole qui permettrait d’améliorer la situation des petits exploitants sur le continent. L’Alliance répond à cet appel en créant des partenariats conduits par des Africains, qui s’appuient sur les connaissances des exploitants africains, appliquent les leçons de l’agriculture moderne et travaillent sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, tout en suivant de très près l’impact de ces actions sur les plans de l’équité et de la durabilité environnementale.

Redynamiser les petites exploitations à travers l’Afrique

Nous savons que des améliorations majeures en agriculture permettraient de passer de la pauvreté à la prospérité. Dans la plupart des économies modernes, aucun succès durable n'a pu se produire sans de solides bases agricoles.

En Inde, et dans une grande partie du reste de l’Asie et de l’Amérique Latine, la Révolution verte entamée il y a plus d’une génération, reposait sur des variétés de cultures robustes et à haut rendement ainsi que sur d’autres outils de l’agriculture moderne. Elle a permis de doubler la production agricole, voire plus, de sauver des centaines de millions de vies et de fonder la croissance économique. Malgré tout, cette entreprise de grande envergure comporte également des inconvénients : certains programmes ont parfois temporairement exacerbé une inégalité sous-jacente et la mauvaise utilisation des engrais et de l’irrigation a pu causer des dégâts sur l’environnement.

Aujourd’hui, éradiquer la pauvreté et la faim pour des centaines de millions d’Africains demande de se concentrer essentiellement sur l’amélioration de la vie des petits exploitants. Cette révolution agricole doit reposer sur des solutions spécifiques à l’Afrique pour résoudre des problèmes spécifiquement africains : des solutions qui améliorent la productivité, la biodiversité et la qualité nutritionnelle des cultures vivrières ; qui mettent en place une gestion de l’agro-écosystème solide dans des environnements parfois radicalement différents ; qui soutiennent des systèmes agricoles mixtes culture/élevage et qui encouragent systématiquement l’équité. Elle doit être bénéfique pour les pauvres et pour l’environnement.

Répondre à l’appel pour ouvrir la voie vers la prospérité

De nombreux dirigeants internationaux et nationaux ont reconnu l’importance critique de l’agriculture dans le développement de l’Afrique, et sont prêts à agir. Au cours de son mandat de secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan a appelé à une «une révolution verte authentiquement africaine, une révolution attendue depuis trop longtemps déjà, une révolution qui aidera le continent à réaliser ses aspirations à la dignité et à la paix.»

L’Alliance est une réponse directe aux appels des dirigeants africains pour tracer la voie vers la prospérité en relançant le développement de l’agriculture. L’Alliance répond et adhère pleinement au Programme Global de Développement Agricole pour l’Afrique (CAADP) de l’Union Africaine (UA). Élaboré en 2002 par le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) de l’UA, le CAADP propose une vision solide du changement et s’engage à viser une croissance annuelle de la production alimentaire de 6 % à l’horizon 2015. Dans sa vision, le CAADP demande spécifiquement « des systèmes de connaissance agricole offrant des technologies rentables et durables qui, adoptées à grande échelle par les exploitants, engendreront une croissance agricole durable ».

L’engagement de l’UA à soutenir les exploitants s’est manifesté plus fortement encore lors du Sommet africain sur les engrais, au cours duquel les chefs d’État africains ont promis des mesures concrètes pour fournir aux exploitants des engrais et amendements de sol ainsi qu’une amélioration des transports, des crédits, des structures d’irrigation, des services de vulgarisation, et des informations sur les marchés.

Notre approche

Pour rompre les cycles de la faim et de la pauvreté en Afrique, nous avons adopté une approche conduite par les Africains, une approche participative et exhaustive. Elle œuvre en faveur des pauvres et de l’environnement.

Notre travail commence dans les champs, aux côtés des petits exploitants, afin de profiter de leur savoir et de comprendre leurs problèmes les plus urgents ainsi que de chercher des solutions. Les exploitants eux-mêmes, les associations de femmes et les syndicats agricoles sont des partenaires essentiels. En outre, nous établissons des partenariats avec des gouvernements africains, des institutions nationales et régionales importantes d’Afrique, des spécialistes de la finance, du commerce et des sciences, des innovateurs et des entrepreneurs présents dans toute la chaîne de valeur agricole.

Notre travail est exhaustif, car il veut prendre en compte les défis importants dans les exploitations et en dehors des exploitations, comme l’accès aux intrants agricoles, tels que les semences de haute qualité, les engrais minéraux et organiques, ainsi que des systèmes de gestion de l’eau fiables. Ces défis concernent également l’accès des produits aux marchés – le stockage des récoltes, la transformation, le transport et le financement qui permettent, au bout du compte, aux petits exploitants de vendre leurs récoltes et d’en tirer un bénéfice.

Notre approche œuvre en faveur des pauvres et de l’environnement. L’augmentation de productivité dans les petites exploitations peut à la fois soutenir la croissance agricole et améliorer l’environnement : restaurer des sols appauvris et sujets à l’érosion, préserver la biodiversité des cultures, faire bon usage de l’eau rare et préserver de larges étendues de forêt et de savane de la mise en culture. En effet, pour être durable, le développement agricole doit protéger la base de ressources naturelles dont dépendent les exploitants et l’ensemble de la société.

Notre travail est déterminé par le besoin urgent d’agir et de soulager la misère qui opprime des millions d’êtres, et par notre engagement à changer les choses à long terme.

Un plan pour le changement

L’Alliance apporte des solutions adaptées à la situation locale, qui peuvent être rapidement élargies à l’ensemble des petits exploitants susceptibles d’en bénéficier.

  • Notre première action en collaboration, entamée en 2006, était axée sur le développement de variétés plus productives et plus résistantes des principales cultures alimentaires africaines, pouvant s’adapter à des conditions très diverses. Elles permettront aux petits exploitants africains d’obtenir des récoltes plus importantes, plus variées et plus fiables.
  • En 2006, l’Alliance a lancé des programmes pour soutenir l’enseignement agricole en Afrique et des programmes pour suivre et évaluer l’ensemble de notre travail. Ces derniers permettront d’assurer que nous apprenons au fur et à mesure que nous avançons, modifiant le cap si nécessaire, et serviront à tous nos partenaires de baromètres sur l’avancement de nos travaux.

Au cours des cinq prochaines années, nous continuerons à développer systématiquement ces programmes, en y ajoutant de nouvelles initiatives pour nous attaquer à d’autres points importants dans la chaîne de valeur agricole.

  • En 2007, nous lancerons un programme pour améliorer la fertilité des sols africains, comptant actuellement parmi les plus appauvris du monde. Les sols appauvris diminuent les rendements et réduisent la valeur nutritionnelle des cultures.
  • D’ici à 2008, nous lancerons une initiative de gestion de l’eau pour aider les petits exploitants africains à « tirer le meilleur parti de chaque goutte d’eau ». Elle offrira des systèmes peu coûteux et efficaces de gestion de l’eau, allant des pompes à pédales à une micro-irrigation alimentée par l’énergie solaire.
  • D’ici à 2009, nous nous attaquerons à des problèmes majeurs des systèmes et des marchés à l’extérieur des exploitations, tels que l’amélioration du stockage des récoltes, les systèmes de financement, d’information sur les marchés et les transports.

L’Alliance défendra simultanément des politiques qui soutiennent les petits exploitants, notamment des politiques qui encouragent le développement rural et la durabilité environnementale et qui portent sur le commerce et les tarifs. Seuls le plaidoyer et des changements de politique aux niveaux national, régional et international permettront aux petits exploitants d’améliorer les rendements, d’éradiquer la pauvreté et la faim et de relever les économies africaines.

L’Alliance œuvrera en même temps pour attirer un groupe important et varié de donateurs et d’autres partenaires. L’Alliance cherche à développer un réservoir suffisamment important de donateurs pour obtenir les ressources nécessaires à la redynamisation à long terme de l’agriculture africaine pour les petits exploitants.

Appliqués à tous les niveaux, ces multiples efforts peuvent considérablement améliorer la vie des petits exploitants africains, et donc profiter à l’ensemble de la société africaine. Ceci est sans nul doute une entreprise de très grande envergure mais, comme l’a dit le président Guebuza du Mozambique : « L’Afrique est prête à relever ce défi. Je suis certain que nous serons capables d’éradiquer la faim et d’éliminer la pauvreté. Si nous restons unis, aussi unis que lorsque nous nous sommes battus contre le colonialisme et lors de notre combat pour lutter contre la déstabilisation, nous sortirons également vainqueurs de ce combat que nous menons aujourd’hui contre la faim et la pauvreté. »

L’heure est à une Révolution verte nouvelle, durable et authentiquement africaine.